Motocultor 2022, le report !

• Motocultor
• 19-20 août 2022
• Saint Nolff – Morbihan (56)
• Texte et photos © Thierry Bouriat
Merci au Motocultor pour l’accréditation.


Les festivaliers l’attendaient impatiemment. Après deux années off successives liées à la pandémie, le Motocultor Festival était enfin de retour à Saint-Nolff dans le Morbihan, du jeudi 18 au dimanche 21 août 2022. Cette XIIIe édition a proposé 105 groupes sur 4 jours et 4 scènes dont la toute nouvelle, baptisée Bruce Dickinscène. Près de 44.000 métalleux ont répondu présent attirés par une programmation de grande qualité.

Le Motocultor s’est ouvert cette année à d’autres horizons musicaux et a proposé une couleur quelque peu différente chaque jour, plutôt rock le jeudi avec The Libertines, The Hives, Clutch, Triggerfinger, The Inspector Cluzo,… et des groupes punk, metal, prog metal, metalcore et hardcore, death metal, black metal, pagan folk… les 3 autres journées, avec des têtes d’affiche comme Leprous, Tesseract, Behemoth, Kreator, Powerwolf, Testament achevant leur tournée européenne au Motocultor…
Malgré une fréquentation à la hausse cette année par rapport à la dernière édition, l’équilibre budgétaire n’a pas été atteint.
Yann Le Baraillec, fondateur et organisateur du Motocultor Festival depuis 2007 disait dans la presse locale miser sur 60.000 festivaliers « pour rentrer dans ses frais ».
Le deuxième plus gros festival de metal en France a quelque peu souffert il est vrai aussi de la concurrence de la double édition du Hellfest, en juin dernier qui avait mobiliser beaucoup de monde.
Pour ma part, j’ai couvert 2 jours de festival, le vendredi et le samedi et shooté une vingtaine de groupes.
Une belle et une bonne ambiance, un festival à taille humaine, intergénérationnel, familial, un temps idéal (malgré la petite bruine de vendredi), une programmation éclectique, une organisation réussie aussi bien au niveau de l’accueil, de la gestion des files d’attentes que des aspects plus techniques du son (malgré parfois quelques couacs sur la Dave Mustage et la Bruce Dickinscène) et des lights.
Un autre point fort du Motocultor est le nombre important de groupes français programmés, et tant mieux parce que l’on a de « putains » de bons groupes en France et qu’il y a un vrai renouveau du metal national.
Vivement le Motocultor 2023, toujours sur 4 jours mais qui devrait plus se dérouler à Carhaix dans le Finistère sur le site des Vielles Charrues.
Pour finir, un grand merci à toute l’équipe organisatrice du Motocultor, aux « gardiens » bénévoles des pits photos, à tous mes collègues photographes rencontrés pendant l’évent. Ils se reconnaitront.


Live Report du vendredi 19 août :

Aephanemer
Dave Mustage | 12h45 – 13h25
Aephanemer ouvre cette journée du vendredi devant une foule déjà nombreuse massée devant la Dave Mustage. Le quatuor toulousain mené par Marion (chant & guitare rythmique) balance son death metal mélodique et enchaîne les titres comme « Antigone », « Land of Hope », « Le Radeau de La Méduse »,… tirés de leur dernier album « A Dream Of Wilderness » sorti en mars dernier. Le couple basse (Lucie)/ batterie (Mickäel) assure une assise rythmique bien en place pendant que Sylvestre (qui remplaçait Martin sur quelques dates) multipliait les soli techniques. Le set est bien maîtrisé, c’est pro et l’on peut voir la complicité des membres sur scène et leur joie d’être là.

Svalbard
Massey Ferguscène | 13h35 – 14h15
Je me dirige vers la Massey Ferguscène pour aller voir Svalbard, les anglais de Bristol et sa charismatique chanteuse Serena Cherry. Svalbard délivre un post hardcore aux accents punk, alternatif, blackgaze puissant. Serena (chant, guitare), Liam (guitare, chant), Mark (batterie), Matt (basse) débutent le concert avec « Disparity » tiré de l’album « One Day All This Will End » (sorti en 2015), puis enchainent sur les titres du dernier album « When I Die, Will I Get Better? » sorti en septembre 2020 avec notamment « Silent Restraint », « Throw Your Heart Away », « Click Bait » et son refrain “fuck of”, « The Currency of Beauty »… On retiendra l’énergie, la prestation « carrée » du combo, … bref une rencontre à renouveler.

Acyl
Bruce Dickinscène | 14h20 – 15h00
Acyl est le 3e groupe que je couvre de la journée. Mené par Amine au chant, Acyl propose un metal moderne puissant avec des sonorités orientales (culture musicale algérienne et nord-africaine). Une belle découverte avec ce metal ethnique à la fois chaleureux et puissant qui ne laisse pas indifférent.

Klone
Dave Mustage | 15h10 – 15h50
Le groupe originaire de Poitier, valeur sûre dans la famille du metal progressif français nous délivre un set de grande qualité nous gratifiant de 7 morceaux, « Yonder », « Keystone » et « Silver Gate » tirés du dernier album « Le Grand Voyage », « Immersion » et « Nebulous » de l’album sorti en 2015 « Here Comes the Sun », « Rocket Smoke » de l’album « The Dreamer’s Hideaway » et enfin « Army of Me » (Björk) de l’album « Black Days ». Klone a délivré un set techniquement maitrisé avec de superbes vagues sonores à la fois pesantes et aériennes, rythmées par le tempo de « maitre » de Morgan Berthet derrière les fûts (d’ailleurs les membres de Kadinja étaient en force au Motocultor cette année mais dans des groupes différents avec Morgan Berthet chez Klone, Steve Treguier avec The Dali Thundering Concept, Quentin Godet avec Ten 56). Notons la bonne présence scénique de Enzo (basse), de Guillaume et Aldrick qui ont multiplié les belles lignes de guitare, et de Yann au chant très efficace. Une prestation solide à revoir très vite au Ready for Prog Festival qui se déroulera le 29 octobre prochain à Toulouse.

Pogo car Crah Control
Massey Ferguscène | 16h45 – 17h30
Je voulais découvrir live Pogo Car Crash Control que je ne connaissais que par le biais de YouTube qui me les avait proposés en lecture aléatoire. Et là, la claque… une énergie dévastatrice, ça bouge, ça saute, on en prend plein la gueule, les refrains sont accrocheurs. « Aluminium » titre tiré du dernier album « Fréquence Violence » ouvre les hostilités et le public ne se fait pas prié pour enchainer pogos et slams dans la fosse de la Massey. Lola à la basse est explosive, une belle présence scénique tout comme Olivier (chant, guitare), Simon (guitare, chant) et Louis derrière sa Tama maculée de tâches de sang (les amplis Marshall également). Au total 16 titres (dont 8 du dernier album) décapants et un set survitaminé.

Krisiun
Supositor Stage | 18h30 – 19h20
Me voilà sur la Supositor Stage pour voir les 3 frangins de Krisiun, groupe de brutal death metal brésilien de Porto Alegre. Un jeu de scène à l’image de leur musique, c’est-à-dire sans fioritures.
Krisiun a passé en revue leur discographie, avec une part belle réservée aux vieilles compos. Les 3 frères sont heureux d’être sur scène, Alex Camargo (basse, chant) a le sourire aux lèvres. Krisiun c’est un rouleau compresseur, ça joue vite et fort.

Skáld
Bruce Dickinscène | 19h25 – 20h15
Je me dirige vers la Bruce Dickinscène pour voir le groupe de pagan folk français, Skáld. Une parenthèse de douceur, un univers aux inspirations nordiques, des tenues et des instruments traditionnels vikings… Un set bien interprété mais c’est moins mon univers musical.

The Ocean
Massey Ferguscène | 20h25 – 21h15
De retour devant la Massey Ferguscène j’assiste à la performance du groupe allemand The Ocean.
La formation nous offre une bonne prestation avec de nombreux titres du dernier double album Phanerozoic (sorti en deux parties entre 2018 et 2020) plus éclectique dans son approche musicale que les précédentes productions du groupe et quelques compos de Pelagical (2013). Des compos aux ambiances contrastées avec un enchainement de moments musclés et de passages plus mélodiques, beaucoup de breaks. Une belle communion avec le public conquis, Loïc Rossetti (chant) n’hésitera pas à se jeter dans la foule micro à la main. Le son est plutôt bon, les lights aussi avec un équilibre entre les lumières rouges et bleues couplées à quelques effets de fumée, et des passages agressifs soutenus par des stroboscopes massifs (pas toujours faciles pour les photographes). Une prestation réussie et de qualité, des musiciens aguerris. A vite revoir sur scène.

Tarja
Bruce Dickinscène | 21h20 – 22h00
La célèbre chanteuse Finlandaise de métal lyrique Tarja Turunen était présente à la 13ème édition de ce Motocultor. Que dire de plus que j’ai été impressionné par la précision, la justesse et l’unicité de sa voix. Le set est de grande qualité et le public ne s’y trompe pas. Il reprend en chœur plusieurs titres comme « Over The Hills And Far Away » (Gary Moore cover). Un très beau moment. Surpris toutefois de voir Tarja sur la plus petite des scènes du Motocultor.

Leprous
Massey Ferguscène | 22h20 – 23h10
Je m’empresse de revenir à la Massey Ferguscène déjà bondée pour le concert des norvégiens de Leprous. Gros level comme d’habitude avec Leprous. Baard à la batterie martèle ses futs avec puissance et technicité, Einar au chant fait une prestation incroyable d’une grande justesse, sans oublier Tor Oddmund, Simen et Robin eux aussi particulièrement performants. Le son est impeccable L’enchaînement « Below », « From The Flame », « The Price » est des plus réussi et la foule reprend chaque refrain. Pour avoir vu Leprous à plusieurs reprises, j’ai trouvé qu’ils avaient quelque peu musclé les titres les plus pop pour ce Motocultor. Juste un petit regret, celui de ne pas avoir eu de morceaux tirés des albums Coal ou Bilateral (mon préféré) ainsi que (en tant que photographe je tiens à le préciser) des lights avec beaucoup de jeux d’ombre, des musiciens peu éclairés, des lights à dominante rouge et bleu, beaucoup de fumée…

Powerwolf
Dave Mustage | 23h15– 0h10
11e et dernier concert pour moi de la journée je file vers la Dave Mustage voir le groupe allemand Powerwolf. Tel un bulldozer le groupe avec son power metal puissant défonce tout, un show millimétré, très visuel, des décors, de superbes lights… Un bon best of avec une setlist couvrant différents albums de Powerwolf malgré une mise en avant du dernier album « Call Of The Wild » sorti en 2021. La foule est dense, les fans sont comblés… Cela se voit, le public vibre aux riffs de Matthew et de Charles. Attila au chant va même jusqu’à chanter en français le titre «The beast of Gévaudan».

Il est temps pour moi de rejoindre mon hôtel. Debout dès 5 heures du matin pour rallier Saint-Nolff depuis Bordeaux, je commence à être fatigué. Autant être en forme pour le lendemain qui s’annonce être une belle journée (météo et programmation) avec des groupes comme Tesseract, Lost Society, Ten 56, The Dali Thundering Concept, Viscera, … que du lourd !!!
Bientôt sur boosteleson…

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