Live report Patrón !

• Le Supersonic – Paris
• 17 février 2024
Texte et photos © Christophe Favière


Les joies du hasard. C’est à la suite de l’annulation du groupe américain Southall que Patrón s’est retrouvé propulsé tête d’affiche de cette soirée au Supersonic en compagnie de Zun Alak et Dancers In Red. Une bonne occasion d’aller vérifier en live tout le bien que l’on avait pensé de leur premier album éponyme…

C’est donc à Benoît Cougoulat Guerroué alias Zun Alak d’ouvrir cette soirée pour un public encore clairsemé à cette heure. Seul avec sa guitare, le Français nous propose un folk teinté de musique atmosphérique. Même si parfois il y a quelques longueurs, son jeu de guitare est plutôt intéressant. Maîtrisant à merveille les loops, pédales d’effet permettant d’enregistrer en live une plage de guitare et de la répéter à l’infini et de rejouer par-dessus une autre plage. Le chant en français et en anglais est empli de sensibilité et de fragilité, et la voix n’est pas sans rappeler celle de Neil Young dans ses jeunes années. Le final verra Zun Alak trifouiller ses nombreuses pédales pour créer un univers sonore particulièrement inspiré.

Changement de registre avec les Toulousains de Dancers In Red. Le groupe estampillé Maximum Rock’N’Roll, nous offre une prestation High Energy oscillant entre Classic rock, Blues et Boogie Rock. Les lignes de basse de Matthieu Ronfard sont d’un efficacité redoutable soutenues par la frappe lourde et fine à la fois de Vincent Fauvet. Quant à Mathieu Serres, il semble tout bonnement possédé sur scène, n’hésitant pas à descendre dans le public pour asséner un solo de guitare. Son timbre de voix n’est pas sans rappeler par moment celui de Bon Scott, ce qui n’est pas pour déplaire au public qui apprécie grandement l’énergie déployée par le trio. On notera aussi quelques beaux changements de tempos dans les morceaux. Un public conquis. Bref, Dancers In Red est une vraie belle découverte.

C’est Supersonic plein à ras bord qui accueille enfin Patrón. Costume noir, chaussures noires et blanches, cheveux d’ébènes, le moins que l’on puisse dire, c’est que le chanteur, Lo, dégage une élégance plutôt rare dans ce style musicale. C’est avec la lancinante « Room With A View » que le groupe entame ce concert, avant d’évoluer vers des choses beaucoup plus énergiques. La voix de Lo est réellement impressionnante, telle que sur l’album, grave et profonde, une sorte de Johnny Cash. Ses comparses du soir font plus qu’assurer, à la guitare, Aurélien Barbolosi (officiant habituellement comme bassiste d’Aston Villa) s’occupe de la rythmique et des chœurs. Bonnet riveté sur la tête, Guillaume Theoden (Al-Qasar) fait vrombir sa basse avec énergie, soutenu par la batterie impeccable de Sacha-Viken Poulain (Al-Qasar) dont c’était seulement le second concert avec Patrón. Tout cela fleure bon le désert version Queens Of The Stone Age à la française. Les titres s’enchainent mettant en ébullition le public du Supersonic, jusqu’à « Next Stop », single ne figurant pas sur l’album. Viendra ensuite « The Maker » dédiée à Lorène Lenoir, journaliste de New Noise décédée en 2014, avant de finir en apothéose avec l’inédit « Vegas » qui verra Lo laisser ses camarades terminer le morceau par une sorte de bœuf de presque deux minutes ! La salve d’applaudissements s’en suivant ne laisse aucun doute sur le fait que le Supersonic a passé une bonne soirée. Vivement le nouvel album prévu pour 2025. D’ici là, Patrón à prévu quelques dates en France, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Setlist : Room with a – Jump in the Fire – Hold Me Tight – Who Do You Dance For? – She Devil – Very Bad Boy – Leave It All Behind – Next Stop – The Maker – Vegas

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