Interview Dropdead Chaos

« Un Hellfest , cela ne se refuse pas !”


Interview réalisée par Christophe Favière à La Maroquinnerie – Paris

À quelques heures de leur montée sur la scène de la Maroquinerie de Paris, nous nous sommes entretenus avec Boris, Renato et Baptiste.
Retrouvez le live report complet ici ->

Salut les gars ! Alors, vous en êtes où dans cette tournée ?
Boris :
alors ce soir c’est exactement la onzième date de Dropdead Chaos.

Depuis le Hellfest l’année dernière.
Boris :
non, le premier concert c’était à lomme début mai 2022, le Hellfest c’était notre première offre de concert. Lomme c’était notre petit échauffement avant le Hellfest .

Plus une répet’ live…
Renato :
nous avons fait une bonne résidence à Lomme avant, donc ce concert était vraiment notre premier show.

Et cette tournée se passe bien ?
Boris :
super bien ! Franchement, sur toutes les dates il y a eu plein de public. Mais tout le monde a l’air de kiffer. C’est la folie dans le public à chaque fois, nous en sommes les premiers étonnés, Mais c’est un réel plaisir.
Renato : ce qu’il y a de dingue, c’est que plus les shows avancent, plus les gens chantent les paroles et ça c’est un bon baromètre. Tu te rends bien compte qu’au début tu as deux/ trois personnes dans le premier rang qui chantent, le concert d’après c’est les deux premiers rangs, et la semaine dernière nous étions à Lille, et ça chantait bien dans toute la salle. Ça te fait dire que cela commence à bien fonctionner, et ça fait plaisir.
Boris : d’autant que nous avons commencé les concerts sans avoir sorti l’album, le gens découvraient en live. Et il est vrai que depuis la sortie de l’album, on voit bien la différence dans le public. Les gens connaissent les morceaux, ça chante plus, on sent que le public réagit plus facilement.

En même temps, vu la qualité énorme de votre album, ce n’est pas étonnant ! C’est peut-être même ce qui manquait en France, vous avez le potentiel d’un groupe fédérateur qui pourrait tirer le metal vers le haut…
Boris :
c’est cool d’entendre ça !

Vous avez déjà eu des retours dans ce sens ?
Renato :
oui, ce n’est pas la première fois qu’on nous dit ce genre de chouettes mots ! On va finir par y croire comme on n’arrête pas de nous le répéter (rires) ! Plus sérieusement, pour l’instant nous nous concentrons sur la France. On va essayer d’exister ici avant de penser à l’international !

Je parle bien de la même chose. Tirer la scène Metal vers le haut et créer un engouement autour de vous.
Boris :
si nous arrivons à faire ça ce serait top ! C’est un peu le but du jeu aussi. Si le public nous suit sur les années, ce serait génial !

Sur les années ok, mais vous avez des groupes respectifs, ça se passe comment ?
Boris :
pour l’instant il n’y a pas eu trop de clashs (rires) ! Et lorsqu’il y a un problème, nous avons des remplaçants, ils sont préparés et ont déjà fait des répets’. On peut les appeler quand on veut lorsqu’il y a besoin.
Renato : sur onze dates c’est arrivé deux fois. Nous avons dû remplacer Boris qui était sur la tournée Warmup Hellfest (live report ici ->) avec Betraying The Martyrs, et une autre avec Nils.
Baptiste : oui, il était avec Syrenia.
Renato : nous arrivons à gérer pas trop mal tout ce bordel (rires) ! Nous avons des agendas très carrés. Nous essayons de bien nous y tenir et de se prévenir en temps réel de ce qu’il se passe chez les uns et chez les autres pour que cela impact Dropdead Chaos le moins possible. Et c’est exactement ce qu’il se passe pour l’instant, puisque nous arrivons à faire tourner la machine avec la team d’origine le plus souvent possible.

Donc le but c’est de continuer ? Ce n’est pas un one shot ?
Boris :
certainement pas !
Renato : ah non ! Là ça y est, on est parti, on ne s’arrête plus.
Boris : et comme tu l’as dit, si derrière ça on peut aider la scène metal à grandir, ce serait du bonus !

Et si Dropdead commence à prendre beaucoup d’ampleur, cela ne risque pas d’être compliqué de gérer tous les groupes ?
Boris :
ça on verra lorsque ce sera le cas.
Renato : pour l’instant nous ne nous posons pas la question. Et puis certains groupes sont déjà de grosses machines, comme Betraying The Martyrs, Syrenia, même Smash Hit Combo tournent beaucoup. Pour l’instant ça ne dérange pas vraiment, mais si cela doit s’inverser à un moment donné, ça marchera dans l’autre sens, mais cela marchera quand même.
Baptiste : nous ne sommes pas anxieux par rapport à ça.

Vous avez déjà de nouvelles compos ?
Boris :
tout à fait.
Renato : mais on nous a dit qu’on n’avait pas trop le droit d’en parler (rires) !

On n’en parlera pas alors !
Renato :
on va dire qu’on essaye de prendre l’avance.
Baptiste : disons qu’on bosse sur le prochain matériel.
Renato : ça tu peux le dire, il n’y a pas de problème !

Revenons un peu sur la genèse de l’album, même si beaucoup de choses ont déjà été dites. C’était une nouveauté pour le monde de la musique de travailler comme ça ?
Renato :
tout à fait.
Boris : j’avais déjà bossé à distance avant la pandémie, mais le Covid nous a contraint à travailler comme ça, nous avons même créé le groupe pendant le Covid.
Renato : et ça il me semble qu’il n’y en a pas tant que ça, qui ont réussi a créer un groupe de A à Z en ne se connaissant pas ou peu.
Boris : je n’avais jamais vu Déha, toi Renato on ne s’était croisé qu’une seule fois avec Trepalium, on avait passé une bonne soirée !
Renato : Baptiste par exemple, je ne l’avais croisé qu’une seule fois aussi. Déha je ne l’avais jamais croisé de ma vie… bref, certains avaient déjà créé des affinités aux détours de concerts, mais ce n’est pas la majorité. Donc avoir réussi à faire ça, à distance, sans se connaître musicalement… en fait je pense que c’est ce qui a été la force de la création artistique de cet album. Nous avons tous débarqué avec nos influences et nous avons tâché de les faire coller sans trop se poser de question.  On a tout jeté sur la table et on a fait notre sauce !

Vous venez tout de même d’univers musicaux assez éloignés.
Boris :
nous avons tout de même un truc en commun, se sont les années 90/2000, donc notre adolescence. Nous avons grandi avec le Neo metal, et cela se ressent dans nos influences mais avec une touche plus moderne.

Et surtout avec un gros son !
Renato :
pour ça on ne peut que remercier HK du Vacamara Studio !
Boris : il a bien travaillé !
Renato : nous nous sommes cassé les dents à certains moments pour réussir à trouver une cohérence sur certains morceaux, mais lui aussi c’est un peu cassé les dents sur le son. Il fallait bien créer ce nouveau son avec ce mix d’influences.
Boris : et il en a fait beaucoup des mixes !
Renato : disons qu’avant de trouver la bonne formule, il a travaillé autant que nous sur la composition rien qu’à mixer.

Et c’est impressionnant, lorsqu’on l’écoute dans de bonnes conditions, au casque, il n’y a rien qui dépasse, toutes les pistes sont audibles au même niveau, et cela donne l’impression que chaque petit son est soigneusement étudié et que rien n’est laissé au hasard.
Renato :
c’est parce qu’il était tout seul dans sa cave (rires) !
Boris : c’est HK ! Tu pourras le lui dire, il sera content !

Je ne sais pas si on leur dit souvent…
Renato :
honnêtement sur cet album, il en a pris régulièrement !
Boris : oui, il s’est fait un peu mousser (rires) !

C’est tout de même un des meilleurs en France !
Renato :
cela ne nous fait pas plaisir de le dire (rires) ! Mais c’est vrai !

Cela attenue la qualité de votre travail (rires) !
Renato :
non, mais il en a tout de même beaucoup fait, et à un moment donné, il faut rendre à César…

Avec tout ça, vous avez quelques ambitions ?
Boris :
oui, l’ambition c’est de pouvoir tourner le plus possible et essayer de s’imposer sur le marché Français et éventuellement taper sur l’international, on verra plus tard. Pour l’instant nous restons focus sur le fait de s’installer comme un groupe permanant de la scène metal Française.

Vous ne trouvez pas un peu dommage qu’un groupe comme Gojira ne prenne pas un groupe Français pour faire leur première partie en France ?
Boris :
les mecs de Gojira marchent au coup de cœur. Sur leur dernière tournée, ils prennent des petits groupes pour cet été. Comme mes potes de Conjurer, un groupe Anglais. C’est un petit groupe, mais ils sont comme ça, un coup de cœur et c’est parti. Donc s’ils kiffent Dropdead Chaos… mais bon, il faut qu’on leur mette dans les oreilles s’ils ne nous connaissent pas !
Renato : maintenant Gojira c’est un groupe international, ils sont devenus des légendes du metal, ils vont chercher des groupes en Europe, c’est déjà pas mal. Et le jour où un groupe Français leur tapera dans l’œil, ils iront le chercher.
Boris : ils ont assez de poids pour dire à leur manager s’ils veulent vraiment tel ou tel groupe en première partie.
Renato : et puis se sont des mecs intègres.
Boris : et s’ils nous prennent nous un jour, et ben tant mieux !

Il faut dire que votre musique est plutôt entrainante, avec des refrains taillés pour les stades, sans vouloir être péjoratif.
Renato :
certainement pas ! C’est très bien comme comparaison, merci !
Boris : honnêtement c’est aussi ce qu’on essaye de faire. Une musique qui parle un peu à tout le monde en essayant de rester un peu agressif quand même ! Les morceaux sont assez différents, mais cela reste cohérent.

C’est vrai qu’il y a un enchaînement des morceaux qui fait que l’on a l’impression que c’est une seule et même histoire.
Renato :
c’est exactement ce que l’on voulait faire ressentir, donc si c’est ton sentiment, on a réussi notre coup !
En cœur : on est d’accords avec toi et on t’en remercie ! (Rires)

Alors justement, de quoi il parle cet album ?
Renato :
alors, c’est Déha et moi qui avons écrit. Nous avons déjà exploré pleins de trucs dans nos groupes respectifs. Sur ce projet, c’est la première fois que nous parlons de nous et de choses très intimes. Ce que j’aime faire, c’est partir d’un fait réel, qui m’est arrivé souvent, et broder une histoire autour, fabriquer un personnage. C’est ce que je fais habituellement. Et là pas du tout avec DDC. C’est beaucoup plus introspectif, on parle de ce que nous avons ressenti pendant le Covid, de ce que le groupe nous a apporté. Ce groupe nous a tout de même sauvé de nous même, de la page blanche. Et donc tout ça est ressorti dans les textes. Et comme nous avons appris à nous connaître pendant cette période, il y a deux titres un peu particuliers, c’est « Underneath The Sound » et « Rain Man ». Le premier c’est Déha qui a écrit en pensant à moi, et le second, c’est le contraire, c’est moi qui ai écrit en pensent à lui. Tout ça pour dire que tout ce qui est sur cet album est vraiment introspectif.

Et donc dans l’ensemble, c’est plutôt positif ?
Renato :
dans l’ensemble c’est plutôt négatif avec une lumière au bout du tunnel !

Il y a toujours de l’espoir…
Renato :
c’est ça ! Le projet a été conçu à une époque assez ‘dark’ pour nous, mais il y a toujours un message d’espoir à la fin.

Le fait de reverser les bénéfices à la Fondation de France, vous avez eu des retours ?
Boris :
oui, ils nous ont remercié sur les réseaux sociaux
Renato : et Niels aussi nous a remercié ! (Rires)
Boris : et oui, Niels est infirmier aussi ! (Rires)

Ça doit être flatteur aussi ?
Renato :
c’était surtout le moment pour le faire. Nous ne recherchions pas la flatterie.
Boris : c’est venu comme ça.
Renato : pour nous c’était un bon titre, donc on s’est dit quitte à le faire, autant le donner et que ça serve à quelqu’un. Et à cette période, c’était les soignants qui morflaient le plus. Et beaucoup de monde a joué le jeu, donc nous somme contents.

En fait je voulais justement parler de ça, cela doit être flatteur de lancer un truc comme ça et de voir que les gens adhèrent…
Boris :
oui c’est vrai, et puis si personne n’avait suivi, le groupe n’aurait peut-être pas existé. Mais nous avons ressenti un engouement, donc on a foncé.

Cela a été long à se décider ?
Boris :
Pas tant. En fait c’est le Hellfest qui a cloué la décision. Lorsque tu n’as que trois titres et que le Hellfest te veux, tu te dis qu’il faut un album, et donc il faut composer. Donc lorsque le Hellfest nous a booké, il n’y avait plus de discussions, on y va !

Cela vous a mis la pression ?
Renato :
pas du tout, cela nous a motivé de ouf ! Ça nous a aidé à créer, à avancer plus vite. Donc si c’était une pression, c’était une bonne pression.
Baptiste : nous avons pris du plaisir à composer ensemble, et l’annonce du Hellfest a vraiment été un déclencheur. Un Hellfest, cela ne se refuse pas !
Renato : et puis on ne pouvait pas se pointer avec trois titres, ça ne l’aurait pas fait sur la scène Altar ! (Rires)

Alors qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?
Boris :
que ça continue avec des concerts de plus en plus gros !
Renato : que les gens chantent encore plus les paroles (rires) ! C’est vraiment le bon marqueur, et ça commence à vraiment bien le faire. Donc on a bon espoir que cela continu comme ça.

Alors je vous laisse le petit mot de la fin…
Renato :
déjà merci à toi, même si tu pensais que tout avait été dit, finalement non (Rires) ! Plus sérieusement, merci au public pour cette ferveur ! Les gens qui nous suivent ne le font pas à moitié, donc merci beaucoup.
Boris : et pour ceux qui ne nous connaissent pas, allez explorer notre univers et notre musique en espérant que vous serez conquis.
Renato : notre proposition artistique Monsieur Boris ! (Rires)

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