The Parano Booster Experience par Locomuerte

18 mai 2024 – L’Empreinte – Savigny-Le-Temple (77)
Texte et photos © Christophe Favière

C’est dans le cadre de l’Empreinte que les Locomuerte ont choisi de convier quelques médias, des contributeurs de leur campagne Ulule ainsi que les gagnants d’un concours, pour une expérience inédite. Une expo photo, des objets aillant servi aux clips, des dessins originaux de la pochette du futur disque, et surtout, surtout, un concert. Mais pas n’importe quel concert. Les Locomuerte vont jouer en intégralité et dans l’ordre le prochain album « Parano Booster », prévu fin septembre, devant un public attentif et calme, ce qui est plutôt rare dans un show des Locos. Entre chaque titres, El Nico et El Termito prendront soin de nous expliquer les thèmes des chansons (enfin surtout Nico !). J’entends déjà la question, « alors, ça donne quoi ce nouvel album ? ». Et bien on ne dira rien ! Allez, juste un indice, ce sera un album De Puta Madre !!!
S’en suivra la diffusion en avant-première du clip de « Parano Booster » à paraître le 21 juin, un teaser sur le clip du prochain single « Demonios » le 13 septembre, et une conférence de presse avec Stéphane Buriez (producteur), HK du Vamacara Studio(ingé son) et enfin Gornoss (le réalisateur des clips), conférence que nous avons choisi de retranscrire dans son intégralité. Attention à toi lecteur, c’est long, bordélique, décousu par moments, mais assez drôle dans l’ensemble ! Puis nous aurons le droit à la dégustation de la bière Locomuerte en partenariat avec la brasserie La Bouledogue, dont on apprendra dans le petit clip diffusé plus tôt, qu’ils ont participés à toutes les étapes de la création de la bière (retrouvez le making of ici ->). La soirée se prolongera au Hellfest Corner où le groupe était convié pour l’émission La Fosse pour la chaîne The Pit et où sera fêté dignement l’anniversaire de Nico Loco. Mais ça, c’est une autre histoire…

Conférence de presse
Quelles ont été les connections entre Stéphane Buriez et vous ?
Stéphane Buriez : Je connais Locomuerte depuis le premier album. Nous nous sommes rencontrés à l’époque. On a écouté l’album en boucle dans le tour bus pendant la tournée « Frozen Moments Between Life and Death » de Loudblast. On est resté super potes et puis on a bossé ensemble.
Nico Loco : « La Brigada De Los Meurtos », notre troisième album est le premier avec Stéphane.
Stéphane Buriez : C’est ça, et puis surtout, au-delà du fait que j’apprécie leur musique, je les apprécie humainement. Donc on se voit aussi en dehors de la musique pour faire des bêtises !
Nico Loco : Ça c’est sûr ! (Rires)
Stéphane Buriez : Au moment de réenregistrer certains titres pour faire « Los Classicos De Los Muertos », l’idée est venue d’embrayer direct sur l’album suivant pour avoir quelque chose de cohérent. Donc le concept était, avec Nico HK, de donner une seconde vie à ces morceaux avec une production plus moderne tout en gardant l’essence même de ce qu’est Locomuerte. Avec leur univers que tout le monde connait. Je vois que beaucoup portent des T-shirt, cela veut dire qu’il y a aussi quelque chose au-delà de la musique, il ne fallait pas dénaturer tout ça. Donc nous avons essayé d’améliorer tout ça, et dans le son, et dans les morceaux en nous mettant au service du groupe tout en envisageant l’album d’après.
Niko HK : Lorsque Stéphane m’a proposé de bosser pour Locomuerte, forcément que j’en avait déjà entendu parler. Le concept de refaire des morceaux avec une prod actuelle puis d’enchaîner sur un nouvel album, de mon point de vue j’ai trouvé ça super intéressant en tant qu’ingé son. Cela te permet de te projeter sur du long terme. Habituellement, lorsque tu travailles avec un artiste, c’est sur un album. Donc sur le premier album, on a appris à se connaitre. Et ça a été une franche découverte !
Nico Loco :  Heyyyyy ! Locomuerteeee ! Il a apprécié ma douce voix, surtout son oreille gauche ! (Rires général)
Niko HK : Oui, surtout elle ! Sur le deuxième album ça a été super fluide. On s’est bien marré ! Et je suis très très content du résultat. Et je suis très content de voir les garçons très contents, et j’ai hâte qu’il sorte pour voir le public très content !
Stéphane Buriez : Le travail effectué sur « Los Classicos » a permis de lisser tout ça. Sans cela, ça aurait été beaucoup plus contraignant. Pour l’enregistrement du nouvel album, tout a été facile. Nous avons trouvé le son tout de suite, la direction artistique était déjà existante, donc ça a été facile d’entrer des ronds dans des carrés ! (Rire général)
Niko HK : C’est la définition même du mixage. Faire rentrer des ronds dans des carrés !
Nico Loco : Oui, c’était vraiment mortel. C’est une stratégie qu’on a voulu mettre en place avec Stef’ lorsqu’on a voulu vraiment relancer Locomuerte à fond. Il m’a dit « vous avez vraiment beaucoup de morceaux qui défoncent, nous on les connait, l’underground les connait, mais ce serait bien que plus de monde les connaissent ». Donc dans cette optique, pour reprendre les tournées, un peu comme ce qu’avait fait Suicidal Tendencies avec « Still Cyco », nous avons réenregistrer les titres qui bastonnent. Ça nous a fait une sorte de warm-up pour apprendre à se connaitre, appréhender le studio et se remettre en forme. Et c’est cool parce que le son est resté assez authentique, mais avec un booste en plus. Cela nous a permis de nous projeter sur « Parano Booster » dont nous avions déjà composé les morceaux. Ça nous a permis de relancer le groupe dans les meilleures conditions, et surtout avec un plus large public. La stratégie a bien fonctionné avec « Los Classicos » qui a plutôt bien marché, plein de gens nous ont découverts y compris sur scène. D’ailleurs beaucoup sont présent ici. Donc nous avons continué au Vamacara Studio avec un son encore plus fat pour « Parano Booster ».
Stéphane Buriez : Ce qui a été primordial, c’est le fait que nous avons pratiquement enregistré et mixé les deux albums cul à cul si vous me permettez l’expression. Après « Los Classicos », on s’est laissé deux ou trois mois avant de commencer « Parano Booster ». On est resté sur la même énergie. Et c’est cette essence même de Locomuerte, cette boule d’énergie que tu prends dans la gueule à chaque fois, que nous ne voulions pas perdre avec HK.
Niko HK : C’est exactement ça !
Nico Loco : On a énormément travaillé sur les titres de « Paranon Booster », je pense que c’est notre album le plus aboutit. Par exemple, le premier album a été enregistré en quatre jours dans une MCJ, il y a même un titre qui a été terminé en studio. Donc c’était vraiment à la Agnostic Front, tu rentres en studio, tu envoies, et tu repars. Là on a fait un gros travail sur le chant avec El Termito. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais ses prestations sont vraiment impressionnantes. D’ailleurs je voudrais qu’on applaudisse El Termito ! C’est quand même un putain de chanteur ! C’était top de bosser avec HK. Nous avons beaucoup échangé, il a amené ses idées tout en restant dans la salsa Locomuerte. Du coup El Termito a été dans de super bonnes conditions. Il nous a dit « Ce mec c’est une boule d’énergie, je ne vais pas le coller derrière un pied de micro statique, je vais lui donner un micro main ». Et donc dans la cabine, El Termito se roulait par terre ! (Rires)
Niko HK : Et c’est vrai !
El Termito : Ah ok, vous balancez les dossiers tout de suite ! (Rires)
Niko HK : Ce qu’il s’est passé, c’est qu’entre les deux albums, il y a eu un concert. Je les ai fait jouer en première partie de Drop Dead Chaos à La Maroquinerie (Live report ici ->), lorsque je les ai vu sur scène, je me suis dit que c’était bien d’avoir un gros son sur CD, mais il faut garder l’énergie Locomuerte. Il faut garder cette tarte dans la tronche qu’on se prend lorsqu’on les voit sur scène. Et finalement, même si c’est assez simple techniquement, c’est toujours un chalenge de retranscrire l’énergie live d’un groupe, sur CD. C’est ce que j’ai été chercher.
Nico Loco : Mission accomplie.
Niko HK : Dis le plus Fort !
Nico Loco : MISSION ACCOMPLIE !
Applaudissements
Nico Loco : C’est comme pour la batterie. L’idée c’était faire un son de batterie très live. Comme si vous étiez dans le studio avec nous. Et que lorsque vous l’écoutez chez vous, vous avez l’impression que le batteur est derrière vous.
El Mitcho : mais il est derrière toi ! (Rires)
Nico Loco : Ah oui ! Il est toujours derrière moi ! (Rires)
Stéphane Buriez : On va rentrer un peu dans la technique, mais c’est vrai qu’aujourd’hui, dans les albums de Metal, il y a de moins en moins de vraies batteries. C’est très produit. Sur l’album de Locomuerte, il n’y en a quasiment pas. Un tout petit peu pour la soutenir, mais sinon c’est vraiment El Floco.
El Mitcho : Moustachu !
El Termito : Moustachu !!!
Stéphane Buriez : Donc c’est vraiment lui qu’on entend. Et ce sont des vrais amplis, et de vrais chanteurs. C’est un mot que Nico m’avait dit : authentique. Donc ok, authentique, c’est parti !

Je vous ai découvert l’année dernière à La Boule Noire (Live report ici ->), et j’ai découvert quatre entités, quatre Pikachu ! (Rire de toute la salle) Comment on gère ces quatre piles électriques ?
Niko HK :
On leur dit de fermer leur gueule !!! (Rires) Fermez là ! Arrêtez de parler tous en même temps !
Gornoss :
Lexomil, Tranxene ! (Rires) Lorsque tu les vois pour la première, tu te dis « mais qu’est-ce c’est que ces mecs qui crient partout ? ». On en parlait avec HK, pour ceux qui ont la référence, c’est un peu « Le Colège Fou Fou Fou », vous vous souvenez ? Lorsqu’ils deviennent tout petits et font n’importe quoi ! (Rires) Nico et moi on se connait depuis vingt ans, c’est là que j’ai découvert Locomuerte. Ce n’était pas trop ma came, je suis plus branché à la base, par le Death, le Grindcore… mais j’ai bien accroché sur leur musique. Ensuite j’ai découvert les gars, et, avant de voir un groupe, j’ai vu des bonhommes. Vraiment. Des mecs qui ne jugent pas, des mecs bien ensemble. Et j’ai senti cette cohésion. Donc une fois que tu les apprécies en tant qu’hommes, ensuite tu apprécies le groupe et tu te marre avec eux. C’est d’ailleurs le problème que j’ai pour bosser avec eux, c’est que j’ai mal au bide, c’est le bordel ! (Rires) Sauf qu’ils arrivent toujours à trouver la bonne vitesse. Ils sont toujours présents à l’heure, ils sont motivés, ils sont passionnés. C’est comme les gens qui font la gueule à 8h00 du matin, quand tu en croises un, tu as neuf chances sur dix de faire la gueule toi aussi. Mais si tu rencontres quelqu’un qui sourit, ta journée elle est mieux engagée. Ces mecs-là sont comme ça et de surcroit ils dégagent une sorte d’humilité. En plus, je le dis et j’en n’ai rien à carrer, les mecs, vous pouvez mettre à genou d’autres groupes qui se la raconte beaucoup plus que vous. Clairement. Je voudrais aussi en profiter pour vous féliciter pour la prod, c’est la meilleure que vous ayez jamais eu.
Nico Loco : Bravo !!!
Gornoss : Ce n’est pas de la pompe, c’est réel.
Stéphane Buriez : C’était la mission qu’on s’était fixé, amener le groupe là où il devait être dans nos têtes. Et je pense qu’on a franchi un bon cap.
Nico Loco : Carrément ! En tant que musiciens nous avons beaucoup appris. Quand tu rentres en studio, tu es à poil. Sur scène, tu peux te planter, tu fais une grimace et ça passe. C’est ma technique ! En studio c’est différent. C’est assez impressionnant, mais c’est super formateur si tu ne le prends pas en mode égo. Si tu mets ton égo de côté, ce qu’il faut faire de toute façon dans la vie, tu te dis « Ok, ça c’est moi, qu’est ce qu’il faut que j’améliore ? ». On a tous jouer le jeu, Moustachu il a fait des parties de batterie complètement dingues.
Les autres : Moustachu ! Moustachu ! (Rires)
Nico Loco : C’est marrant parce que lui aussi c’est un mec super humble, mais il est saoulant, il parle tout le temps ! (Rires) Avant de rentrer en studio, il flippait de bosser avec Stéphane, il m’a dit « Oh putain, son batteur c’est Hervé Coquerel ! J’espère qu’il ne va pas me descendre ! ». Et Stéphane a été super heureux de son jeu.
Stéphane Buriez : Oui, il a plié ses parties de batterie en deux jours et demi ! Bravo Moustachu !
Les autres : Moustachu ! Moustachu ! (Rires)
El Floco : J’étais bien encadré.
Gornoss : Pour revenir à la question, ils sont humbles, ils sont pros, ils sont efficaces, et ils sont adorables. Turbulents, mais adorables.
Niko HK : En studio c’est un peu différent. Je m’adresse aux non-musiciens, il faut s’enlever de la tête l’image du groupe en studio qui fait la fête, bois des bières et s’amuse. Ce n’est pas du tout le cas. Le studio ce sont des heures et des heures de concentration et de détails. Mais c’est vrai que parfois, Nico était à côté de moi, et il gueulait, il gueulait ! (Imitant la voix de Nico ndr) « Hey non, mais non, mais heu… ». Et au bout d’un moment, je lui disais « Mais putain, mais ferme ta gueule ! ». C’est sorti tout seul.
Nico Loco : Oui mais ça tu me l’avais déjà dit quand je t’ai dit que tu ressemblais au Professeur Xavier dans les X-Men ! (Rires général)
Niko HK : C’est vrai aussi ! Mais là où je rejoins Gornoss, c’est que lorsqu’il s’agit de bosser, il y a un switch qui se fait, genre « Ok on bien s’est marré, maintenant on bosse ». Et dix minutes après ça recommence à déconner !

Je voudrais remercier Gornoss qui même en dehors de Locomuerte est plein de gentillesse et sa bienveillance.
Gornoss : Je connais plein de personnes qui pourraient te faire un contre-exemple ! (Rires)

Suite à votre période un peu creuse, le Hellfest et La Boule Noire ont-ils été un booster pour le groupe ?
El Mitcho :
Ça a déjà commencé avec le Mennecy Metal Fest.
Nico Loco :
On s’est toujours énormément investi dans notre musique, mais avec nos vies professionnelles et familiales, nous n’avions pas le temps de faire de la promotion. Aujourd’hui tu peux avoir le meilleur groupe du monde, si personne ne sait que tu existes… La problématique c’est d’avoir de la visibilité, et pour ça il faut avoir du temps et de l’argent. J’ai donc décidé d’arrêter ma boite pour me mettre à fond dans Locomuerte.  On s’est tous posé la question, et tout le monde a suivi pour vivre cette aventure. Donc on s’y est mis à quatre, à fond.
El Mitcho :
Je tiens tout de même à dire un truc. C’est Nico qui manage le groupe, et il le fait à 200%, c’est son bébé.
Nico Loco :
C’est notre bébé !
El Mitcho :
oui, mais tu en prends bien soin. Il est même à 300% de son temps et de son énergie pour faire avancer le Shmiblic, et effectivement, ça porte ses fruits. Mais vraiment, tout a commencé à Mennecy il y a deux ans. C’était notre premier concert avec Gre au son…
Nico Loco :
Faites du bruit pour Gre !!!
El Mitcho :
Après Mennecy, il y a eu un effet boule de neige et beaucoup de bouche-à-oreille. Stéphane Labas de L’Empreinte nous a proposé de faire la première partie de The Exploited, et ça s’est super bien passé. Ensuite les choses se sont enchaînées. Et puis surtout cela nous a donné énormément confiance en nous avec ce nouveau Line Up — c’est le meilleur qu’on n’ai jamais eu depuis 2009. On est vraiment quatre frérots. Locomuerte c’est avant tout une histoire d’amitié profonde. On s’entends aussi bien musicalement qu’humainement. C’est une chance car c’est très rare.
Nico Loco :
Comme on est à L’Empreinte et que le concert avec The Exploited a été déterminant, Stéphane Labas a décidé à ce moment-là de nous prendre pour l’aide à la professionnalisation. Donc je tiens encore une fois à le remercier. Il nous a aussi permis de faire la première partie de Rise Of The Northstar ici-même. Je voudrais aussi remercier notre pote Lolo Poussignac qui nous suit depuis le début. Grâce à lui nous avons pu faire la première partie de Mass Hysteria. Grâce à Stef’ on a joué au Off du Hellfest il y a deux ans, ce qui nous a amené au double concert l’an passé au Off et sur la Hellstage. Et je pense que ça a été un des plus gros hold-up du Hellfest. On a eu un monde de malade ! Laurent Rossi du Hellfest Corner me disait « A cause de vous, bande de cons, j’ai un tatouage du Hellfest sur l’avant-bras. On ne pouvait plus circuler pendant votre concert, du coup je me suis réfugié chez un Tatoueur et je me suis fait faire ça ! » (Rires). Tout cela nous a donné plein d’opportunités, comme de remplacer Rise Of The Northstar sur deux festivals. El Mitcho parlait de notre longue amitié, moi j’ai toujours été fan de ce gars. Pour moi c’est le guitariste absolu de Thrash. A chaque fois que je le regarde sur scène, je me dis que c’est ce que j’ai toujours voulu. Qu’il soit là à vous faire des putains de riffs plutôt que de pousser des caisses. Ce mec est fait pour être sur scène. C’est aussi pour ça que je me donne à fond pour le groupe.

A partir de quand allez-vous jouer les nouveaux morceaux sur scène ?
El Termito :
« Parano Booster », le deuxième single, sort le 21 juin. Donc à partir du 22, on peut le jouer. Peut-être avec « B91 », et je pense que pour Mennecy on pourra aussi jouer le troisième single, « Demonios », qui va arriver. On a très hâte de les jouer sur scène.
Nico Loco :
Dans l’ordre, ce sera donc « Parano Booster » le 21 juin, et « Demonios » le 13 septembre, ce qui nous rapproche de la sortie de l’album. Donc avec le label M&O –d’ailleurs on n’a pas remercié Alexandre Sabat de M&O qui a organisé tout ça avec nous, big up à lui – on s’est dit que sur le Festival 666 sur lequel on joue après Testament
El Termito :
On nous a proposé de jouer ou avant, ou après, mais comme on est joueurs !
Nico Loco :
C’est un rêve, avec El Mitcho on est des gros fans de Testament ! Donc fin août on va pouvoir jouer de nouveaux morceaux. Pour la date avec Black Bomb A le 27 septembre (date de la sortie de l’album), on va peut-être aussi faire une journée dédicace chez Gibert Jeune Saint-Michel.

Revenons un peu à la musique. Sur ce que l’on vient d’entendre, j’ai l’impression qu’il y a une évolution dans vos compos. Ce n’est pas un peu compliqué de trouver une logique entre le fait de réenregistrer des titres et cette évolution ?
Stéphane Buriez :
En fait la logique s’est imposée d’elle-même. Pour « Los Classicos », on a repris les morceaux tels qu’ils étaient, sans toucher aux structures. On n’a pas proposé de changements comme on a pu le faire sur « Parano Booster ». Encore une fois, c’est facile de bosser avec Locomuerte, ils arrivent avec des propositions, tu as juste à booster ce qu’ils amènent. C’est un travail différent de ce que l’on peut faire avec d’autres groupes. « Los Classicos » était une mise en bouche pour « Parano Booster », ils savaient très bien où ils voulaient aller, et nous aussi, donc ça n’a pas été très compliqué.
Nico Loco :
Au niveau de la musique, nous sommes toujours dans la veine d’AC/DC dans le sens où eux, ils ont toujours voulu faire le même son. Nous aussi. La Salsa Locomuerte quoi ! On cherche juste à faire de bonnes chansons qui groovent, et là on a gardé la même recette, mais en allant plus loin au niveau des parties chant où El Termito a vraiment des capacités énormes. Nous avons développé ce côté reggaeton. El Floco a aussi apporté un groove énorme au niveau de la batterie, il a un parcours musical très large, il a joué toutes sortes de musique, ce n’est pas juste un Metalleux. C’est peut-être le mieux placé pour en parler non ? (Rires)
El Floco :
Quand je suis arrivé les morceaux existaient déjà, donc je me suis juste greffé en essayant de rester fidèle aux parties de David, l’ancien batteur que je trouvais mortel. Il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Le travail a été surtout sur « Parano Booster » pour créer de nouvelles choses. Mais j’ai été super bien dirigé par les anciens du groupe. Ils avaient une idée bien précise de ce qu’ils voulaient, j’ai juste apporté ma vibe. J’avais portes ouvertes pour faire ce que je voulais mais avec une direction très claire. Et j’ai été aussi très bien entouré en studio, d’où l’efficacité dans les prises.

Locomuerte c’est du son, mais c’est aussi une image, il y a les allusions à « Breaking Bad » sur « B91 » qui se termine sur un petit teaser qui introduit le clip de « Parano Booster » qu’on a pu découvrir plus tôt. Comment ça se passe dans la tête des Locomuerte, vous réfléchissez tout le visuel en vous dessinant un film ?
El Termito :
C’est venu naturellement. A la base on voulait que les clips s’enchainent comme les chansons, c’est pour cela que le clip de « B91 » se termine par le commencement de « Parano Booster ». Mais sur le prochain, « Demonios », ça ne se suit pas forcément. Il y a une continuité dans le sens où tout l’album parle de ça, des démons, de l’humain dans son entièreté etc… Mais « Demonios » sera le clip le moins drôle de Locomuerte.
El Mitcho :
Il faut quand même qu’on trouve une fin bien débile !
El Termito :
C’est ce qu’on s’est dit oui ! Le clip est encore en montage, mais c’est bien sombre, donc on s’est posé la question de savoir si ça ressemblait à Locomuerte. Du coup on se tâte encore à savoir si on finit sur une blague bien débile, genre montrer nos fesses…
Gornoss :
Que tu montres déjà dans le clip ! (Rires)
El Termito :
C’est vrai !
Nico Loco :
Ou si on laisse comme ça. C’est l’avantage de l’Espagnol, tu peux dire des trucs super horribles, tout le monde pense que tu parles de fiesta et de tacos !  Un morceau comme « Pendejo », les paroles sont ultra violentes.
El Mitcho :
J’ai un très bon exemple, la chanson « Vamos A La Playa », ça parle d’une guerre nucléaire !
Niko HK :
C’est vrai ?!
El Mitcho :
Je te jure !
Nico Loco :
Oui, mais ce n’est pas nous qui l’avons composé ça ! (Rires général)
El Mitcho :
Ce que je veux dire, c’est que tu peux raconter des trucs complètements barrés en Espagnol et ça fonctionne toujours. « Vamos A La Playa Ohohohohoh » !
Nico Loco (hilare) :
Voilà, c’est ça, excellente histoire El Mitcho ! C’est la fiesta ! Plus sérieusement, avec El Mitcho nous adorons créer de la musique. Depuis que nous jouons ensemble, nous avons dû composer 300 titres, pas que pour Locomuerte. Donc lorsqu’on part dans un processus de compo, on n’est pas forcément sur une idée de concept-album. C’est en travaillant les textes avec El Termito qu’on arrive à trouver des connections, rebondir sur des films qu’on aime bien ou des idées à la con ! J’adore « Las Vegas Parano », j’ai toujours rêvé de me faire une calvitie et de marcher dans une fête foraine sous éther ! Du coup on a fait un texte là-dessus. El Termito ne connaissait pas vraiment le film, mais lorsqu’il l’a regardé, ça l’a tout de suite inspiré. Ensuite on essaye de trouver un lien, mais ce n’est pas conceptuel.
Gornoss :
Je vais parler un peu au nom du groupe…
Nico Loco :
Avant que tu ne continus il faut que je vous dise le propre de Gornoss. Il a le chic pour dire que c’est son idée. Tu lui proposes un truc, il te répond « non, mais j’avais eu l’idée, c’est mon idée ».
Gornoss :
Oui j’avais vu HK faire ça ! (Rire général). Donc, pour être précis s’agissant des clips, eux arrivent déjà avec du lourd. Dans leurs titres il y a des références directes, comme « Breaking Bad » ou « Las Vegas Parano », donc faire un clip comme « B91 », ce n’est pas très complique avec Stéphane Buriez.
Nico Loco :
Oui, merci à El Padrino ! Il n’y a pas beaucoup de mecs ayant sa stature dans le Metal Français qui auraient acceptés de se mettre en slip dans un champ et fabriquer de la meth dans une caravane pour le clip d’un groupe comme nous ! Le mec il pèse tellement qu’il n’en n’a rien à branler ! Il est vraiment ahuevo ! (Applaudissements)
Gornoss :
Donc ! Il y a des références, il y a des souhaits, des directions, mais aussi de la chance. On avait cette référence à « Breaking Bad » et Stéphane ressemble pas mal à Bryan Cranston, donc on lui a proposé et il a accepté et a joué le jeu à merveille. En même temps on n’a rien à lui apprendre, c’est plutôt lui qui nous apprend des trucs ! Pour « Parano Bosster », c’est une idée collective même si à la base c’est une idée de Nico. On a tous re-maté le film et ensuite on échange et moi je script le clip. Par chance, on a un bon réseau, donc on a trouvé plein de lieux prêts à nous accueillir. Des clubs, des fêtes foraines, trouver une voiture qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du film. « Demonios » a été plus problématique. Les gars voulaient un clip différent de ce qu’ils font d’habitude. Un peu moins rigolo quoi.Nico Loco : Non, ça c’était ton idée ! (Rires)Gornoss : Une partie de mon job, c’est de beaucoup écouter pour comprendre ce que le groupe veut vraiment et qu’il soit heureux au final. Donc je les ai prévenus, si c’est qu’ils veulent, « Ok. J’adore tout ce qui est gore, donc si on le fait, on va au bout du truc, mais on risque de se mettre une balle dans le pied et que vous vous fassiez stiker ». A titre personnel sur « Demonios », que je trouve très bien avec la grosse performance d’acteur du photographe Dwidou, j’ai tout de même la petite frustration de m’être autocensuré pour ne pas risquer d’essuyer la fronde de certaines associations. Je ne pratique pas la langue de bois, mais tout ce qui est #meetoo, le woke… si tout le monde est heureux, ça me va, mais ne venez pas me faire chier !Nico Loco : Bienvenue en 2024 !Gornoss : Nous on fait notre truc, si ça ne vous va pas, barrez-vous ! Nous on vous respecte, alors faites-en autant.
Faites deux versions…
Gornoss : Il y a un manque temps.Niko HK : Quand on veut on peut mon cher Gornoss ! (Rires)Gornoss : Le tournage nous a pris un peu de temps. J’aurais voulu aller au bout du bout, faire un truc super vénère, mais on s’est tous mis d’accord pour rester sur un truc plus simple, mais fonctionnant tout de même. Malheureusement aujourd’hui, dans l’image comme dans le son, tu es contraint et soumis à certaines règles et donc de t’autocensurer quel que soit l’art. Et ça, pour l’art, c’est grave et très dangereux. Et c’est extrêmement frustrant qu’une minorité gueule pour t’empêcher de faire ton truc. Tu as juste envie de dire « Ferme ta gueule ! Tu fais quoi de ta vie toi ? »

C’est grave oui et non. On disait la même chose à l’époque d’un certain écrivain, quelqu’un l’avait repris en lui disant que tout était permis dans l’art, et on s’aperçoit, des années après, que l’art justifiait le viol…
Gornoss :
Ah non ! Pas du tout ! Là nous sommes complètement hors contexte et hors propos. Je ne plébiscite pas du tout ça. Moi j’enculerais les mecs à coup d’extincteur.
Les Locomuerte à l’unisson :
Aaaaaahhhhh !
Gornoss :
Avec du sable ! Non mais sans blague, pitié, pas ce genre de discours, moi je suis pour la justice.Applaudissements général
Gornoss :
J’irais même plus loin, tout ce qui est végane et compagnie, les gars, faites ce que vous avez à faire, mais foutez-nous la paix. Sinon, pour revenir au clip de « Demonios » puisque c’est ça le sujet, c’est celui qui sort le plus des sentiers battus, et le plus étrange.

Pouvez-vous nous parler des thèmes abordés dans les chansons ?
El Termito :
En fait c’est assez complexe. On part d’une base en yaourt, sauf que nous, on appelle ça du guacamole ! Tout commence par un riff d’El Mitcho ou de Nico, et moi je chante n’importe quoi genre « Ah wana che ridem ».
Ça ne veut rien dire ! (Rires)
El Termito :
C’est vrai ! C’est ça le guacamole !
Nico Loco :
Parfois on a des phrases.
El Termito :
Oui, parfois. Sur « Demonios » par exemple, on aimait bien le mot. Donc nous avons travaillé un thème pour le mettre dans une chanson. Sur l’ensemble de « Parano Booster », les démos ont été enregistrées tout en guacamole. Ensuite nous avons trouvés des mots faisant partie d’un thème choisi au fur et à mesure. Et c’est là où ça devient compliqué. Il faut que ça groove, que ça veuille dire un minimum quelque chose, que les mots claquent bien et que ce soit agréable à l’oreille. Donc lorsqu’on créé, on ne sait pas forcément où on va, tout se fait dans la transition entre le guacamole et un truc qui veut dire quelque chose, que l’on commence à avoir une ligne directrice. Mais ce n’est pas tout de suite évident.
Nico Loco :
Ça dépend des morceaux. Par exemple « La Vida Loca », j’avais toutes les paroles. Je savais de quoi je voulais parler, en gros vivre au jour le jour sans penser au lendemain et arrêter de se prendre la tête, en mode ahuevo ! L’album parle beaucoup de ça, de la liberté. Parfois, en guacamole, El Termito avait des sonorités qui claquaient vraiment, mais les idées en Français, une fois traduites, n’étaient pas toujours très percutantes. On a passé des après-midis à travailler là-dessus. Et pour d’autres chansons, c’était un peu plus fluide, comme « Chinga Tu Madre » où c’est une histoire d’amitié, de trahison et de lâcher-prise. Il y a des choses autobiographiques, et d’autres par rapport à des films qu’on aime bien comme « Parano Booster » qui reprends toutes les scènes culte du film.

On va parler un peu de merchendising, vous allez nous faire découvrir la bière Locomuerte avec la brasserie La bouledogue, outre les T-Shirts, il y a maintenant un short Locomuerte, peut-on s’attendre à une sauce Locomuerte ?
Rire général
Du Guacamole !
El Termito :
Oui ! J’ai une super recette de guacamole !
Nico Loco :
Évidement, nous sommes des fans de merch, c’est l’école Suicidal Tendencies. On adore développer du merch. Ça fait vraiment plaisir de voir tous ses T-shirts Locomuerte, ce n’est pas que l’aspect financier, ça sert aussi à faire connaître le groupe, ça nous aide énormément.
Niko HK :
Moi j’ai un concept pour toi.
Nico Loco :
Ah oui ?
Niko HK :
Ouvre un resto Mexicain où les serveurs viennent te péter les oreilles en prenant ta commande ! (Rires) Allez, une dernière question ?

Ça serait possible d’avoir un peu plus de merch pour les filles ?
Nico Loco :
La problématique pour un groupe autofinancé comme le nôtre, c’est qu’il faut faire grossir notre trésorerie pour créer un nouveau produit, qu’au fur et à mesure, il faut faire du réassort, donc c’est long. Si demain nous avions un super mécène qui nous file 50000 euros, on ferait plein de trucs y compris pour les filles. Pour l’instant nous sommes obligés de rester sur des choses basiques, et donc mixtes. Mais oui, nous avons envie de faire du merch pour les Señoritas !
El Mitcho :
Avez-vous des questions sur la production de l’album ? Vous avez tout de même les deux producteurs présents !
Stéphane Buriez :
Ben on a déjà répondu !
Niko HK :
Tu dormais ou quoi ? (Rires)

Une dernière question pour Niko HK. De plus en plus les groupes font des campagnes Ulule pour financer leur album, est-ce vraiment indispensable, est-ce devenu une norme pour boucler un budget.
Niko HK :
Je ne vais pas répondre vraiment à la question. Pour moi une campagne Ulule c’est le meilleur baromètre de la fan-base d’un groupe. Si un groupe lance une campagne, c’est qu’il en a besoin, ça c’est indéniable. S’il dépasse les objectifs, comme l’a fait Locomuerte, cela veut dire qu’ils sont suivis. Donc pour moi, faire une campagne Ulule ce n’est pas un problème, c’est juste se demander s’il y a des gens qui te suive et qui ont envie que tu ailles plus loin. Pour Locomuerte la réponse est oui et encore bravo !
Les Locomuerte :
Merci !
Nico Loco :
Tout argent est bon à prendre lorsque tu es un groupe autoproduit. Nous sommes des outsiders, on doit faire nos preuves. En France il n’y a pas un gros business sur le Rock et le Metal, les gros labels misent sur des artistes qui leurs semblent bankable, pas sur des mecs du 91 qui chantent en Espagnol ! On va essayer de leur prouver qu’ils ont eu tort, mais nous sommes très heureux d’être indépendants. Donc nous essayons de trouver tous les moyens possibles pour financer nos productions et donc merci à tous ceux qui nous ont aidé dans cette campagne Ulule. Pour finir, notre ami du Fernando Rock Show est ici avec El Azur, la marionnette qui nous a le plus interviewé au monde ! On s’est fait virer de l’espace presse du Hellfest à cause du bordel qu’on a mis…
Niko HK :
Vous avez écrit la légende de Locomuerte qui parle trop et qui fait chier le monde !!!
Nico Loco :
Oui, mais du coup on a été invité à venir sur l’interview de Municipal Waste ! Donc si vous voulez vous faire interviewer par El Azul pour lui dire à quel point vous trouvez Locomuerte pourrit, il est là. Et maintenant, est-ce que vous voulez goûter la bière ?
Yaeeeeeeeeeeeeh !!!!

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