Live report In Your Fest 2024

27 avril 2024 Centre Culturel Le Moustier – Thorigny sur Marne (77)
Texte et photos © Martine VARAGO
Remerciements à Chris Garrel pour l’accréditation

C’est la troisième édition du festival « In Your Fest » à Thorigny, géré par Chris Garrel & friends et c’est un sold-out pour 2024 grâce au travail de toute l’équipe et à une programmation des plus alléchantes et « loca ». Ce festival familial, et familier pour les locaux, offre cette année des performances françaises exceptionnelles. Avec cinq groupes de metal présents aujourd’hui au lieu de six comme l’an dernier, l’affiche nous fait découvrir ou re-découvrir Despite The End, Dust In Mind, Asylum Pyre, Locomuerte et Loudblast. La journée du samedi, pluvieuse, annonce un déluge d’émotions et de décibels au sein du centre culturel.

Despite The End est le premier de la liste et amorce ce samedi en déversant un son agressif et révolté. Révolté pour défendre l’urgence sociétale, l’écologie et dénoncer l’impact psychologique des puissants qui dominent nos vies. Son chanteur, Vartan Yorganciyan, mêle growl et voix claire aérienne. Sous diverses influences comme le metalcore, le thrash, ou le post hardcore, ce combo est tout juste né en 2019. Sa musique se veut directe, énergique et pleine d’émotions. Les morceaux choisis varient de « Survive The Turn » à « Butterfly Effect » avec des phases alternant sons saturés et mélodies pour terminer sur « The Change ».

Puis c’est au tour de Dust In Mind, originaire de Strasbourg, de monter sur les planches. Grâce à leur énergie infatigable, Dust In Mind a passé ces dernières années à mûrir et à expérimenter efficacement leur son metal moderne/groovy. Fort de leur expérience sur les scènes internationales, le groupe est maintenant bel et bien établi dans le paysage du metal européen. Ils livrent un set de 45 minutes, variant leurs choix d’un « Lost Control », « No Way Out », « Synapses » aux intros mélodiques et au contenu riche pour conclure sur le symbolique « This Is The End ».

Le troisième groupe, Asylum Pyre, est mené par la chanteuse Ombeline « OXY » Duprat.  Asylum Pyre a une véritable identité musicale dans le heavy metal, alliant mélodies, boucles modernes et deux sublimes voix : celle de la chanteuse principale et celle du guitariste Johann « JAE » Cadot. Né en 2006, avec cinq albums à leur actif, le quintet enchante la salle de leurs titres « One Day », « Happy Deathday », « Sex, Drugs And Scars » et termine sur l’épique « Virtual Guns ». Le show révèle une belle complicité d’Ombeline à la fois avec ses musiciens, Fabien (basse) et les guitaristes Pierre-Emmanuel, Johann sur scène et le public.

Avec leur style thrash punk crossover façon Chicano, Locomuerte fait de plus en plus le buzz sur les réseaux sociaux et dans les concerts. Depuis 2009, le quatuor joue une musique super vénère et efficace pour s’éclater. L’idée de revenir à du Suicidal Tendencies qui ferait swinguer Lemmy de Motörhead nous brûle le cerveau. Dès le premier titre « Tiro Pa’ Matar », le public les acclame et le chanteur Steeven Corsini alias El Termito brandit sa machette pour malheureusement mieux se couper. C’est du sang qui coule de sa main sur la scène tout au long de « Pa’ Mi Gente », « La Brigada » pour enfin s’arrêter sur « Corazon » ! Il était temps. La furie se poursuit entre le bassiste Nico et le guitariste Mitcho, alternant de place, virevoltant et sautant joyeux comme des cabris. Loin d’être en reste, El Termito, comme poussé par le diable, crie, saute, vole et se roule sur les planches. Enfin place aux crocos avec « En La Calle Muero » et sur la ligne de départ du croco-rodéo, on remarque le « mini Erwan », âgé de six ans, l’un des plus jeunes et intrépides moshers, faire du crowd surfing sur les bras musclés de l’audience. Le bordel s’installe sur scène avec tous les fans qui montent quasi en fin de set : c’est la fiesta avec toute la familia !

S’ensuit, en guise de mise en bouche, « Fight Fire With Fire » de Metallica avant d’accueillir les quatre death métalleux de Loudblast sur les planches. A peine sortis d’un rapide sound check, ils reviennent jouer leurs principaux morceaux de l’album « Disincarnate »comme « Steering For Paradise », « The Horror Within », « Wrapped In Roses », « Shaped Images Of Disincarnate Spirits ». Une ambiance grave pour du très gros son. Pas étonnant lorsque l’on sait que Stéphane Buriez adore mettre six couches de son sur sa gratte.  La machine de guerre se remet en branle, ce qui ravit les fans les plus anciens présents, ceux-ci répondent en masse lorsque Stéphane demande de se bouger le cul dans la salle ! Puis s’ensuit un enchaînement de morceaux de leur album « Cross The Threshold » sorti en 1993. Du thrash aux riffs lourds et saturés de « Malignant Growth», « No Tears To Share» laissant place au chant guttural, à des tempos variés lents et aux blasts et le final  « Cross The Threshold » démontre la nécessité de déployer beaucoup d’énergie sur scène. En témoignent nos quatre musiciens sortant de scène, en sueur. Le festival se vide, petit à petit, dans la nuit noire et humide. On a hâte d’y revenir tellement l’organisation et les groupes sont sympas !

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