« A Carhaix, il y a vraiment une culture du festival dans l’équipe municipale »
Réalisée le 23 avril 2024 par Martine Varago
Boosteleson : L’an dernier, le festival Motocultor affichait 110 groupes et réalisait 55 000 entrées pour sa première édition à Carhaix-Plouguer. Quelles sont vos attentes cette année pour sa 15e édition historique ?
YLB : Ce n’était pas évident de déménager un festival de cette ampleur à Carhaix-Plouguer l’an dernier, de se déplacer dans un secteur inconnu. Donc, cette année nous souhaitons réussir notre deuxième essai.
Boosteleson : D’ailleurs, tu avais déclaré l’an dernier que les investisseurs locaux de Saint-Nolff n’étaient pas suffisamment investis dans leurs tâches. En revanche, à Carhaix, ils étaient plus motivés.
YLB : A Carhaix, il y a vraiment une culture du festival dans l’équipe municipale : beaucoup d’anciens travaillaient aux Vieilles Charrues. Ils savent ce que représente l’organisation d’un festival et connaissent la façon d’accueillir un public depuis 30 ans. Le festival a été bien accueilli par les élus, les services et les riverains. Pour l’équipe des Vieilles Charrues, c’est facile de gérer un événement un peu moins important et en même temps, ils apportent des services : c’est motivant.
Boosteleson : Un festival à taille humaine festif où tous les métalleux sont en forme et de bonne humeur. Voilà comment la première édition a été vécue à Carhaix-Plouguer. Est-ce qu’il y aura une nouveauté cette année ?
YLB : On a revu le dispositif des arrivées des festivaliers au niveau de la pose des bracelets et des files d’attente aux entrées pour que ce soit plus simple et plus rapide. Il y aura un changement au niveau des bières et on va passer en bière bretonne, des bières locales donc.
Boosteleson : Donc de bonnes bières bretonnes nous attendent !
YLB : Il y aura un bar à bière et des bières pour tous les goûts car il y en a qui préfèrent la IPA, d’autres les blondes, les ambrées ou les brunes. Il y aura aussi une cave à vin dans ce bar spécial.
Boosteleson : Côté gastronomie, l’an dernier, on a pu déguster d’excellentes pizzas et de délicieuses crêpes bretonnes. Il faut souligner que les stands culinaires étaient particulièrement bons par rapport à d’autres festivals et très goûteux. Est-ce qu’il y aura une nouveauté cette année ?
YLB : La plupart des stands reviennent et il y aura quelques changements pour varier un peu. On totalise 20 stands sur la zone VIP, le camping et le festival lui-même. A cela s’ajoutent des stands de desserts, des stands de café. On maintient cette formule parce que cela plaît aux gens.
Boosteleson : Parlons un peu de programmation. Il me semble tout d’abord que la journée du jeudi sera plus allégée. Est-ce une mise en jambe ou bien d’autres groupes vont-ils être ajoutés ?
YLB : Effectivement, il y a moins de groupes en nombre le jeudi mais chaque set dure plus longtemps. Pour les journées des vendredi, samedi et dimanche, les formats restent standards. Par exemple, le jeudi, le groupe de rock symphonique Neko Light Orchestra va jouer des reprises de Games of Thrones et du Seigneur des Anneaux. Sur la Suppositor stage, il y aura du metal extrême. On est à quatre scènes dès la première journée. Il y a aussi Deicide, Lionheart et plein de groupes de metal extrême dès le jeudi. Comme groupe d’ouverture, il y aura Magma et Ange, deux groupes de progressif qui ont une cinquantaine d’années d’existence et ce sera l’un des derniers concerts de Christian Décamps.
« On arrive à élargir et à saisir plein d’opportunités, aller du rock au metal dans tous les sens du terme »
Boosteleson : Justement, j’ai l’impression qu’il y a une plus grande variété de styles de rock cette année que l’an dernier : du rock progressif de la fin des années 60 au metal extrême en allant jusqu’à Wargasm, un duo d’électro.
YLB : On a toujours fait ça mais auparavant c’était avec moins de groupes et aussi des groupes moins connus. On a toujours débordé sur différents styles de musique dès la première édition du festival. Mais depuis quelques années, depuis qu’on est passé à quatre jours avec quatre scènes, cela nous permet de déborder encore plus et d’aller explorer plein de styles de musique. Par exemple, on fait aussi beaucoup plus de metalcore, ce qui ne représentait pas une de nos volontés au début. Sans dénaturer les styles de musique de prédilection, on arrive à élargir et à saisir plein d’opportunités, aller du rock au metal dans tous les sens du terme. Et ça c’est intéressant, artistiquement parlant.
Boosteleson : Les quatre groupes en tête d’affiche, à savoir Architects de Brighton, Avantasia d’Allemagne, Meshuggan et Opeth de Suède : ce sont des groupes qui proviennent tous de l’Europe. Est-il difficile de faire venir une tête d’affiche américaine en l’occurrence ? Est-ce que c’est une question de finances ou d’opportunité de pouvoir se déplacer jusqu’en France ?
YLB : Soit les groupes ne tournent pas en août, soit ils sont déjà dans d’autres festivals. Il est vrai que l’on n’est pas les mieux placés car faire venir un groupe en Bretagne n’est pas facile. Les groupes peuvent jouer dans des pays limitrophes à la France et la Bretagne se situe de l’autre côté. On n’a pas eu cette opportunité-là et donc on prend ce qui est possible. On continue de diversifier. Il y a quelques groupes américains sur l’affiche mais pas en tête.
Boosteleson : En effet il y a Clutch, Exodus, Baroness pour n’en nommer que trois. Une question délicate : est-ce que les groupes américains exigeraient un cachet plus important que les groupes européens ou bien sont-ils maintenant payés d’égal à égal ?
YLB : C’est pareil. Un groupe qui vient de Suède va tourner dans toute la France, va aller en Italie et en Espagne et il aura besoin d’un tour bus, tout comme un groupe américain. La différence, ce sont les billets d’avion mais si le groupe américain fait plusieurs concerts, cela sera amorti.
Boosteleson : Qu’est-ce qui permettrait de pérenniser les coûts de logistique et d’organisation ? En plus de l’aide des élus locaux, qu’est-ce qui peut aider un festival comme le Motocultor ?
YLB : Le fait d’être arrivé à Carhaix sur un site aménagé permet d’optimiser, d’avoir des infrastructures en dur, un réseau électrique développé. Tout cela réduit les coûts. De plus, la volonté de la mairie de faire des aménagements sur le site dans les années à venir crée une dynamique d’aménagement du site qui est parfaitement adaptée au festival.
Boosteleson : Le maire vient-il participer au festival ?
YLB : Ouiiii. L’équipe municipale est présente et va même devant la scène voir les groupes. Ils aiment bien l’ambiance.
« De nos jours, on arrive à avoir des têtes d’affiche avec un cachet de plus de 50 000 € »
Boosteleson : C’est important que les élus soient aussi passionnés de metal car, au moins, ils comprennent l’organisation et cela permet de maintenir le festival. Pour en revenir au cachet, quel est le montant des cachets des groupes ?
YLB : De nos jours, on arrive à avoir des têtes d’affiche avec un cachet de plus de 50 000 €, ce qui n’était pas le cas avant la Covid. C’est rare que l’on aille jusque-là. Pour des groupes rares, si on peut avoir l’opportunité de les faire jouer, on peut être amenés à payer un gros paquet ! Mais ce ne sont pas toujours les têtes d’affiche qui demandent ça.
Boosteleson : Est-ce que l’on a atteint le nombre maximum de groupes aujourd’hui ou bien est-ce qu’il y a encore de la place pour accueillir d’autres groupes ?
YLB : Cette année, on maintient cette formule.
Boosteleson : Lors de la précédente conférence de presse, vous aviez déclaré vouloir atteindre 60 000 entrées pour 2024. Est-ce que les préventes vous apportent déjà une indication à ce sujet ?
YLB : Depuis plusieurs mois, on maintient une avance par rapport à l’an dernier. Maintenant que l’on a annoncé toute la programmation, on attend encore quelques semaines pour connaître la tendance définitive. Donc, on devrait atteindre entre 50 000 et 60 000 entrées à la fin.
Boosteleson : Pour terminer, est-ce que tu aurais quelques paroles à ajouter, destinées à nos futurs festivaliers ? Et est-ce qu’on peut te voir aussi devant la scène ?
YLB : Quand je fais mon tour pour voir comment se déroule le festival je m’arrête également devant la scène. Je bouge beaucoup pour voir différents groupes. En général, c’est une minute par-ci, une par-là et je vais aussi voir les équipes sur scène. Je dois également voir les partenaires, les élus, les médias, donc, il y a pas mal de choses à faire.

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