Live report Wall Of Clan !

• Le Bataclan – Paris
• 16 et 17 juin 2023
Texte et photos © Christophe Favière
Merci à Rage Tour pour l’accréditation


« De l’énergie à l’état brut »

Quelle belle affiche ! Éclectique certes, mais nous n’allons pas bouder notre plaisir de voir sur scène des groupes légendaires tels que Fishbone, Hatebreed ou encore Terror. Vous allez me dire : « Mais quel est le rapport entre ces groupes ? », aucun justement, et c’est bien tout l’intérêt de ce Wall Of Clan. Avant de vous raconter ces deux soirées, je tiens à m’excuser auprès de Sorcerer et de toi lecteur. Oui, ce live report est un peu daté, mais faute à une carte mémoire défectueuse, il n’a failli jamais exister ! Donc peu de photos de Sorcerer, mais promis, on se rattrapera au prochain concert !

Rage Tour a donc mis les petits plats dans les grands pour ce week-end de Hellfest et propose aux malheureux qui n’ont pas eu le sésame Clissonais de se consoler sur deux soirées avec une affiche plus que digne. Et c’est donc à M.o.ko d’ouvrir le bal en ce vendredi soir. Duo électro/batterie pour le moins énergique, les deux ne ménagent pas leurs efforts pour chauffer un Bataclan relativement vide en cette heure avenacée pour les Parisiens. La batteuse frappe comme une bûcheronne et assène des coups de double grosse caisse impressionnants. Ça reste assez electro mais entraînant… une mise en bouche sympathique.

Viennent ensuite La Phaze. Gros mélange de Dub/ rap/ metal / electro. Imaginez un mélange de Trust et NTM, et vous obtenez La Phaze. Des textes revendicatifs et une rage intacte après presque 25 ans d’existence.

Viens ensuite un OVNI. Dubioza kolektiv. Ces gars sont fous ! Mélange de Ska, d’Electro, de rock, de dub et de reggae, ils n’arrêtent pas de faire les cons sur scène. Ils chantent principalement en bosniaque, mais aussi en Espagnol et en Anglais. Et si quelques fans sont présents dans la salle (reconnaissables à leur chaussettes jaune et noir), il ne leur faut pas beaucoup de temps pour retourner le Bataclan et se mettre le public dans la poche. Ils font danser le publique à la manière de Marcel et son orchestre. Et pour ceux d’entre vous qui connaissent, on retrouve bien l’ambiance des Balkans du Non Smoking Orchestra, Taraf De Haîdouks ou encore Kultur shock. Jouissif et festif !

Neuf ans, neuf ans que les Fishbone n’étaient pas venu à Paris. Et quel retour puisque c’est presque dans sa formation originale que le groupe fait son come-back. Le retour de Kandall Jones est un vrai plus. Ça manquait de le voir torturer son clavier toujours fixé sur un pied de tabouret de bar ! Et que dire d’Angelo Moore dans un beau costume d’arlequin maniant avec la même ferveur ses différents saxophones, sans parler de sa voix toujours aussi ensorcelante après 35 ans de scène. Norwood égale à lui-même, stoïque derrière ses lunettes de soleil et sa belle combinaison multicolore. John « Wet Daddy » Stewart est un vrai métronome derrière les fûts. Le nouveau guitariste Mark Phillips assure le job haut la main et est monté sur ressorts. En roue libre, le groupe se permet même en plein milieu du tire « alcoholic » dérapage sur le « Crazy train » d’Ozzy Osbourne . La set list fait la part belle aux vieux titres, et quel plaisir de retrouver section cuivre complète lorsque Kendall sort son trombone.

Pour cette première soirée, le Wall Of Clan a tennu ses promesses et laisse un public liquide mais heureux.

Retour le lendemain au Bataclan pour la deuxième soirée du Wall Of Clan qui démarre par la prestation de Sorcerer (encore toutes nos excuses !). Du hardcore basique mais diablement efficace. Le chanteur arpente la scène tel un lion en cage et est presque plus souvent en l’air que sur les planches. Le groupe Parisien (à ne pas confonde avec le groupe homonyme de Doom Suédois) livre un set tendu qui ouvre la voie à la soirée qui sera radicalement différente de celle de la veille.

Pas habitués à jouer si tôt, mais comment dire, Loudblast reste Loudblast. Ils prennent énormément de plaisir à jouer et ça se voit. Stéphane Buriez est particulièrement en forme ce soir. Le groupe toujours aussi impeccable aligne les titres avec une aisance déconcertante. C’est propre, carré et plein d’énergie. Une reprise de Metallica « Battery » parfaitement exécutée finira par faire lever toutes les mains du bataclan.

Vient ensuite le tour des Espagnols de Crizix. Toujours aussi dingues sur scène. Avec eux, il se passe toujours quelque chose sur scène. Leur Trash Old School est d’une efficacité redoutable. Ils s’amusent sur scène et c’est communicatif, le public leur rend bien leur énergie. Découverts l’année dernière lors du Mennecy Metal Fest, on mesure bien l’ampleur qu’a pris le groupe en un an. Le summum du concert sera leur inversion des rôles pour un medley « Hit the light »/ « Walk »/ « Antisocial » (en français s’il vous plait !) qui se conclura par un Wall of death. La fin du concert ? Ils dansent tous sur de la salsa. Normal quoi !

Unearth prend ensuite possession de la scène pour un set expéditif. Pas ou peu de lumière pour le groupe Américain. Leur mélange Trash/ Hardcore/ Death Metal est ultra efficace. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne ménagent pas leurs efforts et déploient une énergie impressionnante à défendre leur musique.

Avant dernier groupe de la soirée, Terror reste un monstre du Hardcore made in Californie. Entre un chanteur arpentant la scène tel le Diable de Tasmanie et un bassiste monté sur ressort, l’énergie du Hardcore est omniprésente lors d’un concert de Terror. L’énergie et l’urgence, pas de palabres entre les titres, jouer vite et fort, voilà le mot d’ordre. Et côté public, les pogos et les montées sur scène à l’invitation du chanteur deviennent la norme.

Comment conclure une telle soirée qui n’a fait que monter en pression ? La seule réponse possible, c’est Hatebreed. Le groupe du Connecticut va livrer ce soir une prestation d’une telle puissance et d’une telle efficacité qu’elle va mettre tout le monde d’accord. Hatebreed est un poids lourd de la scène Hardcore. Même si cela reste réducteur de les limiter à cette scène tant leur musique est riche, oscillant entre Punk, Trash, Hardcore, Death et Metalcore. Il se dégage une intensité allant crescendo de titre en titre, jusqu’à l’apothéose « Destroy Everything » qui finira de retourner le Bataclan.

Au final ? Quelle belle réussite que ce Wall Of Clan et son concept de deux soirées, deux ambiances pour un même public (même si ce n’était pas tout à fait le même public les deux soirs). Espérons que l’expérience se renouvelle parce que nous, nous avons pris énormément de plaisir les deux soirs. Merci Rage Tour !

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