« Fuck Green Day ! Je les déteste”
Interview par Martine Varago au Motocultor
Avec huit albums seulement en 43 ans de carrière, The Exploited a su préserver en intégralité son attitude et sa musique punk rock/hardcore. Se revendiquant clairement anarchiste, clamant à tout un chacun son dégoût du système, le groupe a survécu au passage des années et reste une référence incontournable de la scène punk. Aujourd’hui, dimanche 20 août, au Motocultor et sur scène à une heure du matin, The Exploited s’impose comme un groupe culte de la scène punk. La preuve en est que sans The Exploited, GBH ou Discharge, il n’y aurait pas eu de thrash, ni de Metallica, ni de Slayer ou de Slipknot. Wattie Buchan, leur chanteur et sacré frontman, à l’âme puriste d’un punk rocker, révèle des propos bien tranchés.
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Boosteleson : Hello Wattie, toujours en forme et plein d’énergie ! Depuis 1981, The Exploited avec leur album « Punk’s Not Dead » a toujours préservé son style musical et son attitude punk, est-ce que tu veux bien apporter des explications à nos lecteurs ?
Wattie : Le Punk, c’est pour la classe ouvrière, les problèmes sociaux, contre la pauvreté, contre les gouvernements, contre la corruption, l’injustice. Près de 95% des gouvernements sont corrompus.
Boosteleson : Est-ce que tu penses que l’attitude Punk existe toujours actuellement ?
Wattie : Bien sûr ! Et plus particulièrement en France, avec les gilets jaunes, par exemple. Les Français défendent leurs droits et se rebellent quand le gouvernement se trompe. En Ecosse, les gens acceptent ce que la police leur demande de faire, ce que le gouvernement leur dit de faire. Le fait de se soulever contre le gouvernement, pour moi, c’est punk rock ! C’est le bon côté des Français, défendre ses droits. En Ecosse, le peuple ne fait pas ça ! Le Punk ne mourra jamais ! Le vrai punk, non pas comme Green Day : c’est de la putain de musique punk/pop… (Rires)
Boosteleson : Donc, The Exploited joue une musique très engagée au niveau politique. Est-ce que tu crois que vos chansons influencent vos fans ?
Wattie : Oui, elles exercent une influence certaine. Ils s’identifient à nos paroles, mais pas tout le monde. Ils croient en la même chose que nous parce qu’ils le vivent au quotidien dans leur vie. Ils sont contre l’injustice, le gouvernement, la pauvreté. Le reste des gens s’en foutent des pauvres gens ; ils blâment les migrants et l’immigration, par exemple.
Boosteleson : Pour aller plus loin, j’ai une question spéciale pour toi. Est-ce que tu penses que la musique a un pouvoir politique, est-ce que The Exploited a un pouvoir ?
Wattie : Pour nous, The Exploited, est un groupe issu de la classe ouvrière et tout à fait engagé politiquement. Les points de vue des personnes peuvent s’identifier à ce qu’on leur dit mais je ne prétends pas dire que tout ce que nous disons est correct. Non, nous ne sommes pas comme un gouvernement parce que les gouvernements ont un pouvoir répressif contre lequel on peut se révolter ! C’est ridicule. Je pense que les jeunes ont moins de pouvoir, plus de stress dans leur vie : la vie est trop chère. Les gouvernements s’en foutent !
Boosteleson : Vivre 43 ans de musique en tant que punk rocker est tout à fait exceptionnel. Raconte-nous l’un de tes meilleurs souvenirs et l’un des pires.
Wattie : L’un de mes meilleurs souvenirs est lors de ce festival en Pologne avec 65 000 personnes. C’était il y a vingt ans environ : à deux heures et demie de l’après-midi, nous étions sur scène, tous les gens sont devenus dingues. Je suis un simple musicien écossais qui croit en la musique. Si je suis capable de faire ça, tout le monde en est capable ! Le lendemain, nous nous sommes rendus en Suisse. Le concert avait été annulé et 38 personnes étaient à la porte mais personne ne nous avait prévenus. On est passé de 65 000 personnes à 38 !
Boosteleson : Quelles chansons préfères-tu chanter actuellement ?
Wattie : Mes trois chansons préférées sont « Porno Slut » et « Noize Annoys» et « Beat The Bastards » parce qu’il y a plein d’énergie, de pouvoir et tout le monde devient dingue sur ces morceaux…
Boosteleson : Vous avez tourné dans le monde entier. Quel est ton public préféré ?
Wattie : J’aime tous les lieux où je joue mais l’endroit que j’ai préféré est probablement le Chili. Les fans sont complètement dingues. J’aime jouer sur tous les continents : en Europe, au Japon, en Amérique du Sud car la culture diffère dans chaque pays, le public est différent aussi. Nous avons joué plusieurs fois en Argentine. L’un de nos premiers concerts là-bas se situait après la guerre des Malouines. Un gars est venu me demander de parler à la presse. J’espérais rencontrer une personne uniquement et lorsque je suis entré dans la salle, il y avait une quarantaine d’appareils photos ! L’Amérique du Sud est super, les gens sont bien. Pour moi, ce n’est pas tant l’endroit qui fait l’être, c’est l’expérience. Si tu rencontres des gens sympas et que tu passes du bon temps, tu vas trouver l’endroit super. Mais si tu vas au même endroit et qu’on te démonte la figure, c’est différent. Je suis allé à New York plusieurs fois, et parfois c’était bien, parfois c’était de la merde ! Il y avait des bagarres avec les skinheads. La France est un bon pays pour nous. Il y a toujours des fans fantastiques. Allez la France !
Boosteleson : Tu te souviens quand tu descendais dans la foule pendant vos concerts. Quelles impressions en as-tu gardées ?
Wattie : La meilleure impression au monde mais maintenant je suis trop vieux ! Être sur scène avec tout le monde qui chante est jubilatoire. Je vais te raconter une histoire. Un jour, j’ai été invité à un grand événement musical avec de grands noms de groupes, et il y avait Green Day (fuck Green Day ! Je les déteste). Cette nuit-là, une quinzaine de gars sont venus me voir. Parmi eux, il y avait Billie Joe (ndj : chanteur de Green Day) et ses acolytes qui me dit : « Un jour, quand tu seras mort, je monterai sur ta tombe… ». Je dis à ma petite amie : « C’est lui qui a raconté ça ?! ». Je me suis approché de lui pour lui adresser : « Qu’est-ce que tu as dit ? Qu’est-ce que tu as dit ? J’ai quelque chose que tu n’auras jamais : le respect pour le punk ! Ça, tu ne peux pas l’acheter ! »
Boosteleson : Combien de temps comptes-tu jouer encore sur scène ?
Wattie : Je ne le sais pas encore mais tant que j’aime être sur les planches je continuerai. Je suis sûr à 100% que tant que je peux le faire physiquement, je le ferai. Il y a des groupes qui jouent en étant statiques (mimé par Wattie), c’est juste de la merde. Je ne le sais pas. Cela peut être l’année prochaine, ou dans deux ans…
Albums studios
Punks Not Dead (1981)
Troops of Tomorrow, (1982)
Let’s Start a War… Said Maggie One Day (1983)
Horror Epics (1985)
Death Before Dishonour (1987)
The Massacre (1990)
Beat the Bastards (1996)
Fuck the System (2003)

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