le festival de musiques extrêmes le plus réjouissant et carnavalesque du monde
• 17-20 août 2023
• Carhaix Plouguer
Par Martine Varago
Pour sa 14e édition, le festival Motocultor a mis les petits plats dans les grands. Le festival de metal organisé pour la première fois cette année à Carhaix, sur le site des Vieilles Charrues, offre une prog’ lourde. Un lieu plus grand, mieux agencé, et qui peut accueillir le festival sur quatre jours, le seul modèle économique viable, selon le directeur, Yann Le Baraillec.
110 GROUPES PROGRAMMES SUR 4 SCENES
Pour sa 14e édition, le festival déroule donc le tapis rouge à 110 groupes qui se partagent les quatre scènes du site : Dave Mustage, Massey Ferguscène, Bruce Dickinscène et Supositor Stage. De belles têtes d’affiches extrêmes, mais aussi des musiques rock plus variées, plus accessibles et 28 groupes de la scène française et bretonne, dont le groupe de metal Rise Of The Northstar, les groupes punk rock Ludwing Von 88 et Washington Dead Cats, de thrash comme Tribute To Thrash ou Sortilège, le bon vieux groupe de hard rock.
JEUDI 17 AOUT, DE BELLES DECOUVERTES
Lors de cette magnifique journée ensoleillée au petit soleil breton, les fans se rendent au Motocultor en famille ou entre amis, bien décidés à faire la fête. Eh oui, les Bretons n’ont perdu ni leur réputation de buveurs de bière, ni leur âme celtique : kilts, masques, déguisements et pitreries font partie du Motocultor. Ce qui ajoute un spectacle carnavalesque hors du commun !La programmation est fort alléchante ce jour d’ouverture, avec une dizaine d’heures de concert et trois quarts d’heure de set pour chacun. C’est Grade 2 qui ouvre les festivités sur la Dave Mustage, dévoilant son amour pour la France « Grade 2 loves France ». Burning Wishes, quatuor féminin suisse, balance son heavy metal en enchaînant riffs lacérants et dansant avec le diable. Puis on poursuit avec du hard rock avec les australiens de Wolfmother aux influences 70’s, le groupe breton Komodor et sa reprise grandiose « Ramblin’ Rose » du MC5, les allemands Kadavar jusqu’au rock sauvage des suédois de Royal Republic qui a toujours rêvé de faire du metal. Encore du metal/hardcore/thrash metal international ; français tout d’abord avec Worst Doubt, espagnol avec Angelius Apatrida et US avec Hatebreed et enfin Extinction AD pour clôturer cette première soirée. Comme l’annonce le chanteur de Hatebreed : « Demain, personne n’aura plus de voix ! Chantez avec nous ! » Un jeudi chargé en émotions, crowd surfings, mosh pits et de surcroît lourd de décibels.
VENDREDI 18 AOUT, SANS REPIT
Cette journée démarre sur les roulements de batterie et les riffs de guitares de groupes français : du death metal avec Gorod, du black metal avec Déluge. Ce vendredi s’annonce encore bruyant et noir de décibels, de surcroît avec le death brut de Deicide (USA), le grind core des AnglaisNapalm Death, du hardcore/thrash US avec Vio-lence et encore du black metal suédois avec Marduk. Âmes sensibles s’abstenir ! Risque de crises d’épilepsie…Autres découvertes originales dans les extrêmes à la fois ancrés dans les cultures rythmiques régionales et dans l’univers metal des années 80-90, ce sont les guerriers Arka’n Asrafokor du Togo et Uuhai de la Mongolie. En haut de l’affiche ce soir-là, accompagnés par la crème de la scène metal symphonique, Epica, Katatonia et de quelques poids lourds du genre neofolk comme les Norvégiens Wardruna en tête de proue, que l’on aperçoit en ombres chinoises sur scène, créant une atmosphère mystique. Epica, qui a joué en première partie de Metallica au Stade de France le 17 mai dernier, est un événement en soi avec sa chanteuse Simone Simons et ses chevauchées symphoniques dantesques. Pyrotechnie et chœurs grandiloquents des Néerlandais dans un drapé de synthés démontrent leur metal symphonique monumental. Pour ceux qui aiment Baby Metal, le groupe japonais 100% féminin Hanabie, tout droit venu de Tokyo, produit un chant typiquement asiatique et joue un metal loud/rock/punk bien mécanisé.
SAMEDI 19 AOUT, TROISIEME JOUR DE FURIE
Le samedi, c’est la journée parfaite pour se mettre en jambes et déchaîner les enfers. Programmés en début d’après-midi, Rectal Smegma dans un genre grind/death metal obscène comme son nom l’indiqueet Brutal Sphincter, dans la même veine, démarrent la journée dans le fun. Place au groupe français mené par Stéphane Buriez (Loudblast), Tribute To Thrash qui enflamme la scène et les premiers rangs. Quelques noms de groupes français fort connus comme Sortilège qui joue sur Massey Ferguscène et propose leurs nouveaux morceaux comme « La parade des Centaures », tandis que Washington Dead Cats et Ludwing Von 88se partagent la Bruce Dickinscène. Coilguns, trois suisses, échappés deThe Ocean, jouent un set de rock furieux où le chanteur Louis Jucker finalise sa prestation sur un crowd surfing de dix mètres dans le public ! Un petit détour vers la Massey Ferguscène pour admirer le groupe français de black metal mélodique Pénitence Onirique et ses mystérieux masques. Le soir tombant, la scène apporte ses jeux de lumières multicolores passant du rouge au violet puis du vert au bleu. Les thrashers allemands Sodom, considérés comme l’un des big four depuis 1981 et Bullet For My Valentine, superstars britanniques de metalcore,sortent la grosse artillerie et les crowd surfings déferlent. Les gros bras du SO passent, eux aussi, une soiréebien chargée ! Sur la scène Supositor, on assiste au show couleur sang des Suédois Watain qui déversent du black metal au concept cabalistique. Très tôt le matin, en plein cœur de la nuit, les Écossais, punks de longue date (43 ans), The Exploited, avec leur sacré showman Wattie, revigorent les terres bretonnes avec des uppercuts trash, hardcore montrant toujours la violence militante et l’attitude punk.
DIMANCHE 20 AOUT, UN FINAL ULTRA XXX METAL
Pas le temps de souffler ni de se reposer ce dimanche : dès midi, les scènes sont prises d’assaut par les thrashers américains Deliverance, les punks hardcore Stick To Your Guns, Kabbalah et son doom venant de Pampelune (Espagne), les thashers français Heart Attack. La scène Supositor qui propose souvent les groupes les plus excessifs invite, ce dimanche, plusieurs groupes de death : les Canadiens Archspire, les Polonais Dieth et le célèbre Dying Fetus. Pour couronner le tout,en début de soirée, c’est Rise Of The Northstar, tout de blanc vêtus, que les fans, avec ou sans crête, attendent tant. Le célèbre freak show d’Avatar et celui des pirates metalleuxAlestorm. Comme à l’accoutumée,Avatar donne tout pour enflammer le public au son de ses plus grands brûlots, débutant son set par l’apparition du chanteur Johannes. Avoir le groupe écossais Alestorm dans sa programmation, c’est la garantie de faire passer aux festivaliers un vrai moment de folie. Pour clôturer ce festival, ce sont les pirates d’Alestorm qui prennent d’assaut la scène Dave Mustage pour un concert prêt à affronter la masse humaine houleuse. Des refrains repris à tue-tête, des histoires d’alcool « Drink », « Hangover », des voyages dangereux résument parfaitement leur prestation finale. Toujours en présence de leurs trois canards géants jaunes, musique entraînante et aussi fascinante en live. La palme d’or du crowd surfing est remise à Alestorm !
Au total, près de 55 000 festivaliers sont venus fouler les terres de Carhaix sur les quatre jours. C’est « un record absolu » ! Le Motocultor, créé par Yann Le Baraillec, se reproduira l’année prochaine du 15 au 18 août 2024 au même endroit. Tellement de sourires, de joie, de bonheur, de musique sensationnelle et de groupes géniaux… qu’on a trop hâte d’y revenir !


















































































