J’ai toujours aimé aussi les mélanges de genres
Dans le cadre de la Party organisée par NRV Promotion qui fête ses cinq ans le 27 septembre prochain, une soirée concert mettra en valeur les groupes du Roster Management : Storm Orchestra, Howard, Decasia, Liquid Bear. Cet événement se déroulera au Petit Bain, Paris 13ème.
Interview et Photos par Martine Varago
Boosteleson : Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne connaissent pas encore le groupe Howard ?
Tom : Nous sommes un trio avec un chanteur guitariste, Jean-Marie Canoville, Raphaël Jeandenand au synthé et moi-même, Tom Karren, à la batterie. Depuis six ans, on fait du rock influence années 70, ce que l’on appelle du Fuzz rock. On se démène pour faire bouger notre petite scène avec deux albums (note : Obstacle, Event Horizon) et un EP et d’autres choses à venir. Voilà, on a les crocs !
Boosteleson : Comme tu l’as dit tout à l’heure, vous êtes influencés par des groupes des années 70, voire des années 60 comme les Doors ou Lovecraft. Qu’est-ce qui vous a vraiment poussé à monter sur scène ? Est-ce qu’il y a un groupe déclencheur ou bien est-ce dû à l’éducation musicale donnée par les parents ?
Raphaël : Pour moi ça a été Deep Purple et une autre grosse révélation c’est aussi Indochine. Mes parents m’avaient amené voir un concert d’Indochine à Limoges en 2005/2006 : c’est l’un de mes premiers grands concerts et j’avais trouvé ça incroyable, la communion entre le groupe et le public. Ça m’a donné envie de faire de la scène, ça ne m’a plus jamais lâché et après, il y a eu des piqûres de rappel avec The Jim Jones Revue notamment. Comme Tom en est très fan aussi, on allait voir Jim Jones Revue ensemble à Paris. Et les groupes DeWolff, Birth Of Joy ainsi que les groupes avec lesquels on tourne actuellement.
Boosteleson : OK, et pour toi Tom ?
Tom : C’est un petit peu ça aussi. Mais c’est vraiment Birth Of Joy, un groupe de rock psychédélique hollandais qui m’a motivé. On les avait vus avec JM en concert au café de la Danse avant leur disparition : c’était une formule bien musclée, originale, avec des compos cools. Surtout la place du clavier là-dedans, c’était vachement bien avec la basse aussi jouée à la main gauche comme pour les Doors. C’était vraiment une claque, un électrochoc ! Au début c’était ça. Puis, par la suite, ça a été avec les copains comme Decasia. Voilà, c’est ce qui nous a poussés un petit peu vers la scène et aussi Sbrbs (ex-1969 Club) qui ont fait les Vieilles Charrues cette année. Ils ont notamment beaucoup influencé JM : ils lui ont donné confiance et envie de pousser plus loin, de faire un projet sur scène.
Boosteleson : Après la pandémie qui a duré deux ans (2019-2021), est-ce que vous pensez que le groupe a évolué et vers quelle direction ?
Raphaël : Pendant le confinement, on est restés deux mois à faire de la musique tous les trois, ce qui a permis d’écrire l’album d’après. La sortie du premier album était un peu entaché par les événements. Je pense qu’on a progressé sur savoir qui on est, quoi faire ensemble, comment travailler ensemble, savoir ce que l’on veut et voilà, ça nous a fait progresser sur ça.
Boosteleson : Donc cela vous a permis d’écrire le deuxième album, en général considéré comme une difficulté pour la plupart des jeunes groupes. Au contraire, le confinement a permis à beaucoup de groupes de créer comme vous l’avez si bien expérimenté.
Raphaël : En fait, on a tellement été déçus par la sortie du premier album sorti le 13 mars 2020 tandis que le confinement a été prononcé le 17 mars. Tout ce qui avait été prévu derrière a été annulé et on ne pouvait pas faire ce dont l’on avait envie. Donc on a voulu prendre une revanche sur le premier album. On ne l’a pas vécu comme une difficulté. Nous ne nous sommes pas retrouvés dans une situation normale avec le premier album qui sort bien, qui tourne bien et qui marche bien : ce n’était pas du tout le cas pour nous. On n’avait pas du tout ressenti de difficulté pour sortir ce deuxième album !
Boosteleson : Je me souviens vous avoir vus en concert dans l’Essonne le 12 juillet 2020 à Vélo sur Seine. Lors de la pandémie, le public était installé sur des palettes. La dernière fois que je vous ai vus, c’était en juin 2023 à Antony et je ressens une certaine évolution, un développement musical qui peut être surprenant, voire peut-être improvisé. Tom, tu étais descendu dans le public avec une flûte. Est-ce que vous laissez place à l’improvisation un peu plus maintenant ?
Tom : L’évolution, oui mais l’improvisation, non. On se sent plus libres, plus à l’aise ensemble. On se connaît mieux. Les choses se font plus naturellement mais on est quand même attachés à des choses qui sont rodées. Et du coup, c’est un vrai compliment que tu puisses penser que ça paraisse un peu libre. On joue dans un gant de métal mais avec une âme sautillante !
Raphaël : Ce qu’on essaie d’améliorer, c’est l’interaction avec le public pendant le live. Parce qu’au début tu viens jouer tes morceaux que tu as préparé en répète. On a pas mal donné de concerts et on sait saisir, je pense, les instants dans le live, pour transmettre au public ce que l’on ressent. Ce n’est pas juste du cinéma avec un groupe qui joue ses morceaux et qui dit bonsoir au début du show, merci à l’avant-dernier et au revoir à la fin. On essaie toujours d’améliorer notre communication avec le public, ça nous plaît beaucoup le live. C’est un échange entre le groupe et le public : au début, le groupe donne et le public reçoit et puis cela devient un véritable échange émotionnel. Ça motive le groupe pour donner encore plus. C’est cette escalade là qu’on essaie de trouver un peu plus vite, qu’on essaie d’améliorer et de faire en sorte que le moment de communion arrive dès le début du show et qu’on passe trois quarts d’heure, voire une heure incroyable comme une grande messe rock’n roll.
Boosteleson : Alors, comment s’annonce le concert du 27 septembre ? Y aura-t-il place à de l’expérimentation musicale en fonction du public ?
Raphaël : Nous participons à un show de 30 minutes et donc c’est plus difficile de monter une mayonnaise en un temps si court. Mais on va s’y employer, tu vas voir ! On va essayer de faire le mieux possible et de cristalliser trente minutes à fond ! C’est un challenge, c’est cool !
Raphaël : En 30 minutes, ce n’est vraiment pas facile de construire quelque chose. Tout va très vite, on va faire monter la mayonnaise très vite sans qu’on n’ait l’air d’être pressés ! Le format 30 minutes n’est pas idéal mais on va s’y atteler et après ça, on va jouer avec 5 autres groupes que l’on connaît bien. Il y aura peut-être des petits jams ou des invités…
Boosteleson : Au niveau créativité, est-ce que vous avez déjà de nouvelles compos en route ?
Tom : On en a quelques-unes et on va profiter de l’émulation du moment pour voir ce que ça peut créer. On va se faire confiance. Est-ce un secret ou pas ? Dimanche, le 13 août, on va s’enfermer dans un studio. On remet la main à la pâte et on va voir ce que ça donne.
Raphaël : On a plus de temps à passer dans le studio. On va commencer par les morceaux qui sont prêts comme d’habitude. Le temps qui reste, on va se laisser aller.
Boosteleson : Est-ce que vous pouvez déjà dévoiler les titres des morceaux ? Est-ce que vous les avez déjà expérimentés live ?
Raphaël : Non, ils n’ont pas encore de noms.
Tom : Les équipes techniques lors des balances ont pu entendre quelques ébauches.
Raphaël : Depuis qu’on a fini de les écrire, on n’a pas fait de concerts. On a la chance d’être notre propre label avec notre asso, donc c’est nous qui nous octroyons le droit avec le conseil d’Angie et de notre éditeur.
Boosteleson : La musique est prête. Qu’en est-il du chant ?
Tom : Cela va de pair et on va revoir avec JM parce qu’il aura sûrement avancé dans son coin. On va voir si les paroles auront évolué ou pas.
Raphaël : Ce n’est pas grave car on fera les voix en dernier, à une autre période.
Boosteleson : Est-ce que vous allez jouer certains nouveaux morceaux avant la sortie de votre prochain album ?
Raphaël : On ne se l’interdit pas en tout cas. C’est ce que l’on avait fait avec notre précédent album. On aime bien essayer les nouveaux morceaux avant d’établir une setlist définitive, ça permet de voir comment le public réagit, de savoir si ce sont plutôt des morceaux début, milieu ou fin de set, de voir s’il y a des passages mous. En live, on ne ressent pas pareil qu’en studio. On joue certains morceaux différemment en live ou en studio. En studio, on ne se limite pas au nombre d’instruments. Parfois il y a de la vraie basse électrique. Sur scène, on n’a pas toujours assez de mains pour tout jouer. Il faut faire des choix, bidouiller des petits trucs techniques pour que cela fonctionne. Les tester en live, c’est bien car le jour de la release party, ce n’est pas le jour où il faut se rendre compte que des choses ne vont pas ! On teste principalement dans des salles plus petites, dans des cafés concerts ou en province.
Boosteleson : Le mot de la fin est pour vous !
Raphaël : Le soir du 27 septembre à la NRV Party, c’est vraiment une chance pour le public parisien de venir découvrir six groupes hyper motivés qui jouent des musiques différentes mais bien rock. La scène rock n’est pas ultra énorme en France et cette soirée va permettre de faire découvrir des groupes, de faire son marché d’écoute pour la rentrée.
Tom : Cela met bien en valeur Angie qui bosse vraiment dur, à l’écoute de ses groupes et qui s’occupe de la relation avec la presse. Elle est bien occupée pour son jeune âge !
Raphaël : On remercie beaucoup Angie parce qu’elle a une énergie, je ne sais pas où elle la trouve, dans la musique certainement. Elle n’a que 25 ans mais elle ne compte pas ses heures, elle vient en tournée avec nous. Elle bosse un max et on peut toujours compter sur elle. Un gros big hug à elle !








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