J’ai toujours aimé aussi les mélanges de genres
Booste le Son était présent au Tremplin « Scènes Croisées » à La Teste de Buch le 8 juillet dernier. L’occasion pour nous de rencontrer le groupe Marie B’ and The Raccoon…
Interview et photos par Thierry Bouriat
Salut Marie, salut Hugo, Pour le public qui ne vous connaît pas encore racontez-nous l’histoire de de Marie B’ and The Raccoon, je crois que vous vous êtes rencontrés à la fac en Licence d’anglais, c’est ça ?
Hugo : Exactement, nos débuts se sont fait sur les bancs de la fac d’anglais à Bordeaux, je cherchais depuis quelques temps à faire de la musique avec quelqu’un (une chanteuse de préférence) , et Marie avait posté à l’époque une reprise de Moriarty (Jimmy), ce qui commença le début des hostilités si je puis dire ! J’avais beaucoup aimé sa voix, je trouve qu’elle est reconnaissable, pleine d’émotion, légèrement rauque à certains moments.
Comment avez-vous choisi le nom du groupe ?
Marie : Il nous fallait un nom qui puisse à la fois nous définir et définir notre son, Marie B’ and The Raccoon s’est assez facilement imposé, le raccoon (raton laveur) étant un animal qui nous tient à cœur de par ses multiples facettes : c’est un animal débrouillard, trop souvent mal considéré, qui est très protecteur envers ses proches, ce qui correspondait étrangement bien à la personnalité de Hugo, alias le Raccoon.
Les gens adorent mettre les groupes dans des catégories. Comment définiriez-vous donc le style de musique de Marie B’ and The Raccoon ?
Le style de Marie B’ and The Raccoon c’est un crossroad entre plusieurs influences, ce qui revient cependant presque toujours c’est une basse electro trap, qui s’allie aux guitares tantôt douces, tantôt énervées du Raccoon, épousant la voix multi facettes de Marie B’ qui assène de par sa force vocale des mélodies entêtantes et enivrantes. S’il fallait le définir, on pourrait dire qu’il s’agit d’une musique rock electro, assez moderne.
Quelles sont vos influences majeures à chacun ? Quels sont vos groupes ou artistes du moment que vous aimez ?
Hugo : Pour ma part j’ai grandi avec les artistes des 90s, début 2000s, et principalement des groupes rock/metal comme les Red Hot Chili Peppers, Papa Roach, KoRn, Linkin Park, Muse, Placebo, Sum 41, Blink 182, Nirvana, Audioslave, etc… Mes deux artistes du moment qui me suivent tous les jours sont Pvris avec notamment Lynn Gunn que je trouve extraordinaire au chant et à la guitare, ainsi que Bring Me The Horizon qui ne cesse de m’étonner d’album en album.
Marie B’ : Mes influences rejoignent celle d’Hugo, j’ai été bercée par le rock dès mon plus jeune âge grâce à mon père. J’ai toujours aimé aussi les mélanges de genres, je pense notamment à des groupes dans le style de 21 pilots. Je pense que c’est aussi ça qu’on adore faire avec Hugo.
Pour l’apprentissage de la musique : autodidacte ou étude/cours suivis ?
Hugo : Un mélange des deux ! Mes débuts se sont faits à la Rock School de la Teste, puis en suivant des cours particuliers, tout en essayant de me former par moi-même à côté aussi.
Marie B’ : Je me suis très vite intéressée à la musique petite en commençant par des cours de piano, puis j’ai appris quelques bases à la guitare en autodidacte. Pour le chant, j’ai toujours aimé chanter et je n’ai jamais vraiment pris de cours de chant, mais j’ai mis un peu de temps avant de réussir à chanter devant les autres.
Comment se déroule votre processus de création, de la composition d’un morceau jusque son enregistrement ? Qui fait quoi parmi vous deux ?
Marie B’ : Le processus n’est pas gravé dans le marbre. Cela peut venir d’une idée à deux qu’on explore ensemble ou parfois ce sont des idées qui nous viennent chacun de notre côté et que l’on travaille ensemble par la suite.
Qui amène l’idée de base ? Ça part d’un accord de guitare, d’une ligne de chant ?
Hugo : L’idée de base peut partir d’une suite d’accords à la guitare, ou d’un riff, ou alors d’une base à la basse trouvée sur le piano, la compo peut donc commencer par l’initiative de Marie B’ ou de moi-même, il n’y a pas vraiment de règle prédéfinie. On enregistre les idées chez nous, on peaufine la chose, et on le finalise en travaillant avec El Speaker (notre ingénieur son).
Et les paroles, qui des 2 s’attèle à la tâche ? Quelle importance accordez-vous à vos textes et quelles sont vos sources d’inspiration ?
Hugo : Étant tous les deux diplômés en anglais, et ayant l’envie d’écrire, on se partage très souvent la tâche pour les paroles aussi. On y accorde une grande importance. Chacun a des manières d’écrire un peu différentes. J’aime écrire en rime, Marie B’ plus en prose, ce qui peut apporter une fluctuation intéressante dans nos paroles. On écrit nos déboires, nos difficultés d’adultes modernes en les dépeignant de la manière la plus honnête possible, ce qui fait ressortir nos maux psychiques et psychologiques tout en conservant cette idée qu’ils font partie de nous et du quotidien de beaucoup d’entre nous : une sorte de détresse banale qui nous fait malgré tout avancer au jour le jour.
Marie B’ : Ce que je trouve chouette c’est qu’on parle souvent tous les deux des mêmes thèmes (l’angoisse, le temps qui passe, la peur de mourir, enfin des trucs super joyeux donc) mais avec chacun une manière différente de l’exprimer. Hugo est plutôt dans la métaphore alors que moi j’utilise plutôt des images très brutes et concrètes. C’est hyper important pour nous et on n’est pas près de déléguer cette mission aux IA.
Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?
Marie B’ : Pas vraiment. Hugo est plutôt serein et moi j’essaie de gérer mon trac en respirant un bon coup.
Tiens d’ailleurs comment gérez-vous le stress avant d’entamer votre set ?
Marie B’ : Bonne question ! Personnellement, je pense que j’ai besoin de rire avec Hugo ou nos proches avant de monter sur scène, ça détend !
Vous finalisez un nouvel EP qui devrait sortir à la rentrée sur toutes les plateformes. Vous l’avez enregistré où ? Comment cela s’est-il passé ?
Hugo : Comme indiqué plus haut, on enregistre tout le squelette des morceaux chez nous, sur Logic, en étant les plus professionnels possible. Une fois que l’on considère que les prises de son sont finalisées, on envoie cela à notre ingé son El Speaker qui nous aide notamment avec les batteries, ainsi qu’avec le mix/mastering des morceaux.
Est-il dans la lignée du premier EP « Dusk to Dawn » ou doit-on s’attendre à de profonds changements ?
Marie B’ : C’est un tournant assez flagrant. Le premier EP était plus orienté folk, on se cherchait. On en est toujours très fiers, cependant nous assumons bien plus notre côté rock progressif sur ce nouvel EP, qui fait à présent partie intégrante du son de Marie B’ and The Raccoon.
Pouvez-vous nous présenter les titres de ce nouvel EP ?
Hugo : « Dead by now » c’est le single qui représente le mieux la tonalité de cet EP. La chanson parle de relations toxiques, du jeu de pouvoir qui s’opère souvent entre deux personnes, puis du renversement de cette dynamique. Celle ou celui qui était jusqu’à présent victime de la relation va peu à peu s’émanciper pour au final devenir maître de lui-même, puis infliger un retour de bâton. Elle traduit le psychisme d’un être en apparence faible qui décide de ne plus subir sa condition, de prendre les choses en mains et de dire « maintenant, tu passes dans le siège passager, JE conduis ». C’est joliment représenté dans le clip réalisé par Augustin Dupuis, (qui sortira donc le 31 octobre). Pour le clip on s’est beaucoup inspiré des scènes de cercueils vues dans les films Kill Bill ou encore BURIED. On voulait vraiment qu’il y ait un côté inquiétant. D’abord on s’inquiète pour Marie, puis au fur et à mesure c’est Marie qui devient inquiétante ! Le morceau joue sur l’ambivalence entre le calme et le débordement, mise en relief par les guitares qui alternent sons clairs et sons distordus, ainsi que par une basse electro puissante.
Marie B’ : « If you weren’t there » exprime une envie de renouveau. Elle met en scène le fait de se battre contre ses propres démons en pensant pouvoir et devoir les gérer seul. Jusqu’au moment où l’on réalise que l’aide extérieure est très souvent salvatrice, bien que notre propre égo nous empêche souvent de la demander. Au niveau de la composition, nous nous sommes beaucoup inspirés d’un groupe qui nous a suivi lors de notre adolescence et qui continue de nous suivre : Linkin Park. Que ce soit au niveau des guitares, du piano, des « scratchs » ou des paroles, nous voulions quelque part avoir un hommage dans notre EP. C’est aussi le seul morceau où on peut entendre le Raccoon pousser un cri bestial. « Haunted », c’est la tentative de mettre sous forme de mots ce que l’on peut ressentir dans des moments d’angoisse extrême. Elle brosse un tableau plutôt sombre en tentant de restituer des sensations complètement altérées, allant jusqu’à la dissociation, comme le fait de ne plus se reconnaître face à un miroir ou de se poser milles questions qui finissent par nous rendre presque fous, comme si nous étions « hantés ». Au niveau de la composition on retrouve toujours des guitares qui oscillent entre claires et distos. Une différence par rapport aux autres : cette piste fait un peu plus synthwave que les autres, avec un synthé qui prend le devant pendant les refrains.
Hugo : « Lost and found » C’est l’histoire de quelqu’un qui sort d’une relation amoureuse épuisante émotionnellement. C’est un cri personnel, une proclamation à destination de soi-même qui permet de dire haut et fort : « tu es perdu, mais moi j’ai décidé de m’en sortir ». Elle évoque le retour de la confiance en soi que l’on peut perdre lors de ces relations, c’est n’avoir besoin que de soi-même pour continuer son chemin, aussi méconnu soit-il. A la composition on retrouve ce côté synthwave, bien que le Raccoon se permet de poser un solo de guitare sur la fin du morceau.
Vous étiez tous les 2 sur scène en backing track. Êtes-vous toujours dans cette configuration ?
Pour l’instant oui, c’est le cas.
Deux des morceaux joués ce soir ont un son je trouve assez punchy, un peu plus rock moderne/rock alternatif. Avez-vous l’ambition d’élargir le groupe avec un batteur et un bassiste ce qui apporteraient encore plus d’impact et de force à vos compos et au côté visuel de votre prestation scénique ?
Hugo : Nous aimerions effectivement avoir une troisième, voire une quatrième personne sur scène avec nous, afin de pouvoir avoir quelqu’un au synthé/MAO, et un batteur. Cependant nous n’avons pour le moment pas rencontré ces personnes-là, ce qui par la force des choses nous fait utiliser des backing tracks. Si vous connaissez des gens, nous sommes tout ouïes !
Y-a-t-il un endroit particulier où vous rêveriez de jouer ?
Marie B’ : Nous avions vu il y a peu Sasha Sloan (une artiste formidable) à la Maroquinerie, à Paris, qui est une salle superbe où l’acoustique est magnifique, on s’était dit que ce serait super de jouer là-bas si jamais l’occasion se présentait un jour.
Des dates à annoncer ?
Hugo : Le 31 octobre on a donc la sortie de notre single « Dead By Now » ainsi que le clip, puis la sortie de l’EP peu de temps après. En ce qui concerne les dates des prochains concerts on essaye de vous dire ça au plus vite !
Un petit mot pour Boosteleson et pour donner envie à nos lecteurs de suivre le groupe ?
Marie B’ : Merci beaucoup pour cette interview et pour cette belle occasion de parler de notre projet ! Quant aux lecteurs, si vous êtes désespérés mais pas sans espoir, que vous aimez le rock, le grunge, la pop ou l’electro, n’hésitez pas à nous suivre !













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